Gonflée par des éléments exceptionnels, la perte atteint 6,47 milliards d’euros sur l’ensemble de l’exercice
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Antoine Duroyon
L'emblème Crédit Agricole à Troyes (Aube). Photo: PHB
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Tourner la page. C’est le but qu’a poursuivi Crédit Agricole SA (CASA) en 2012, avec au bout du compte de lourdes pertes comptables. La banque verte a essuyé une perte de 6,47 milliards d’euros, alourdie par des charges exceptionnelles en fin d’exercice. Au quatrième trimestre, ces éléments spécifiques ont atteint 4,53 milliards d’euros, soit environ 800 millions d’euros de plus que le montant initialement annoncé le 1er février. Cette surcharge s’explique par la réponse du gouvernement français sur l’estimation de la déductibilité des pertes liées à la cession d’Emporiki.
Outre la vente de la filiale grecque au profit d’Alpha Bank, ces éléments exceptionnels sont constitués de dépréciations d’écarts d’acquisition (-2,7 milliards d’euros), suivies par des dépréciations de titres (dont -267 millions d’euros sur BES), la réévaluation de la dette (-541 millions d’euros) et l’exit tax (-128 millions d’euros). Le stock de survaleurs (goodwill) s’élevait encore à 14 milliards d’euros en fin d’année, contre 18 milliards il y a dix-huit mois.
Ce grand nettoyage s’est accompagné de «mesures structurantes» selon le communiqué du groupe, avec le recentrage d’actifs en Europe du Sud (sortie d’Intesa Sanpaolo et de BES Vida, allègement au sein de Bankinter). Retraité de l’ensemble des ces éléments spécifiques, le résultat net normalisé s’établit à 3 milliards d’euros pour 2012 et à 548 millions d’euros au titre du quatrième trimestre, souligne CASA. Le pôle «banque de proximité en France» a bien résisté, tandis que le pôle «gestion de l’épargne» a enregistré une collecte nette positive de 15,2 milliards d’euros en gestion d’actifs (Amundi) et de 1,9 milliard en assurance-vie (CA Assurances).
Sur le plan de la solvabilité, le ratio CET1 Bâle 3 fully loaded est ressorti à 9,3% fin 2012, ce qui donne bon espoir au groupe pour tenir son objectif d’un ratio supérieur à 10% fin 2013. Réagissant à la décision prise au sein de BPCE de racheter les certificats coopératifs d’investissements (CCI) détenus par Natixis dans les Banques populaires et Caisses d’épargne, CASA a avancé le souhait de développer son mécanisme de garanties internes.
«Nous allons travailler avec les caisses régionales pour étendre ces garanties (dites Switch, ndlr). Nous voulons aller plus loin», a déclaré Jean-Paul Chifflet, directeur général de CASA, lors d’une conférence téléphonique. Ces garanties représentent jusqu’à présent l’équivalent de 5,5 milliards d’euros de fonds propres. En termes de liquidités, le bilan cash montre que l’excédent des ressources stables sur les emplois stables atteignait à fin décembre 2012 quelque 47 milliards d’euros, une position à souligner dans le cadre du ratio de liquidité à court terme (LCR).
Après la «complète réalisation du plan d’adaptation» en 2012, au travers notamment d’une réduction des besoins de financement à hauteur de 68 milliards d’euros (136% de l’objectif), la direction fixe pour 2013 deux axes prioritaires : le renforcement de la solvabilité, sans recours à une augmentation de capital et sans versement de dividende au titre de 2012, ainsi que l’accélération des chantiers autour de la banque de proximité. Et à l’automne prochain sera dévoilé un nouveau plan à moyen terme, le groupe s’estimant d’ores et déjà «en ordre de marche pour délivrer une performance financière durable».
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