Capital One devra faire fructifier la base de dépôts d’ING Direct USA
En déboursant 9 milliards de dollars pour racheter ING Direct USA, Capital One gagne définitivement ses galons de grande banque américaine. Spécialisé à l’origine dans les cartes de crédit, le groupe basé en Virginie avait déjà racheté en 2006 pour 14 milliards son compatriote North Fork, qui l’avait propulsé dans le «top 10» bancaire outre-Atlantique. L’acquisition d’ING Direct lui permet de consolider sa cinquième place du secteur en nombre de comptes clients (47 millions) et surtout d’accéder à ce même rang par les dépôts (autour de 200 milliards de dollars). Encore loin derrière Bank of America, Wells Fargo, JPMorgan et Citigroup, mais devant US Bancorp, PNC Financial et TD Bank.
Les 78 milliards de dollars de dépôts de la filiale du bancassureur néerlandais constituent d’ailleurs le principal argument de Capital One pour justifier l’opération. Le coût moyen de la ressource chez ING Direct USA est inférieur à la moyenne: autour de 1,6%, l’absence de réseau d’agences compensant les taux élevés que la banque en ligne offre pour capter les dépôts. Et cette base est relativement stable, puisque ING Direct affiche un taux de décollecte brute de 5,8% par an, le tiers de la moyenne nationale selon Capital One.
Même si l’acquéreur paie un prix jugé raisonnable, à une fois la valeur comptable, et réglé à 31% en titres, tout l’enjeu est de faire fructifier cette manne. Le groupe veut substituer «à l’actif d’ING Direct USA des prêts de Capital One mieux rémunérés». Car les difficultés d’ING durant la crise financière sont en grande partie dues à l’essor de sa filiale aux Etats-Unis. Inexistante en 2000, la banque a réinjecté ses dépôts dans le crédit immobilier. Elle porte ainsi pour 40 milliards de dollars de prêts, que Capital One va déprécier de 1,7 milliard en raison de la rechute du marché immobilier. Elle avait aussi acheté massivement des titrisations immobilières avant la crise (30 milliards à fin mars 2011) pour trouver du rendement.
L’analyste actions de Piper Jaffray estime même que le meilleur moyen d’employer les dépôts d’ING Direct serait de racheter les cartes de crédit de HSBC aux Etats-Unis, soit 30 milliards d’encours. Capital One ne commente pas la rumeur. Piper rappelle que la croissance externe du groupe dans la banque a aussi connu des échecs. Rachetée en haut de cycle, North Fork avait dû, dès août 2007, liquider son prêteur immobilier GreenPoint.
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