Caja Madrid répartit ses participations industrielles entre bonne et mauvaise banques
La troisième plus grande banque d’Espagne en volume d’actifs, Banco Financiero y de Ahorros (BFA), commence à dévoiler les détails de la structure de Bankia, la nouvelle banque qu’elle compte introduire en Bourse cet été. Le groupe tentera de rendre l’IPO plus attractive aux yeux d’investisseurs encore très méfiants face au système financier espagnol en parquant les actifs immobiliers toxiques dans une «mauvaise banque» non cotée qui recevra aussi toutes les aides publiques du Fonds de restructuration financière (Frob). Il destine cependant certaines de ses meilleures participations industrielles à cette même banque, ce qui devrait lui permettre d'être rentable.
«BFA apportera à Bankia toute l’activité bancaire, les participations associées à l’activité financière et le reste des actifs et passifs que BFA a reçu des caisses, sauf certains qui resteront sous sa tutelle», explique la maison mère dans un communiqué publié lundi soir détaillant ensuite les participations que détiendront Bankia et BFA, la «mauvaise» banque, après l’IPO.
Le véhicule coté hérite entre autres de 12% du capital d’IAG (fusion d’Iberia et British Airways), 10% de la chaîne NH Hoteles ainsi que des parts des grande sociétés immobilières Metrovacesa (9%) et Realia (27,7%) qui ont chacune renégocié leurs dettes. Bankia sortira en Bourse avec un volume d’actifs de 275 milliards d’euros, sur les 328 milliards totaux du groupe, et un actif net de 12 milliards d’euros.
Tous les terrains ainsi que les encours douteux et impayés liés aux terrains immobiliers seront eux parqués chez BFA qui sera aussi actionnaire majoritaire de Bankia. Le groupe y destine également les participations au capital de l’assureur Mapfre (15%), Mapfre América (10%), d’Indra (20%), d’Iberdrola (5,4%) et de Banco de Valencia (39%). Le président du groupe, Rodrigo Rato, avait rejeté début avril le terme de « mauvaise banque» concernant BFA en assurant qu’elle générerait des profits. Les aides du Frob, s'élevant à 4,4 milliards d’euros, seront destinées au capital de BFA. «La structure définitive sera définie ces prochaines semaines», affirme le groupe, issu du rapprochement de sept cajas.
D’autres fusions de caisses d'épargne envisagent la création d’une «mauvaise banque» pour s’assurer l’arrivée d’investisseurs privés au capital de l’autre banque assainie d’ici la fin 2011, comme l’exige le régulateur espagnol.
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