Brexit: Bruxelles rappelle les conditions d’octroi de l’ «équivalence» financière
Alors qu’à Londres, le nouveau Premier ministre, Boris Johnson, semble ne pas écarter un Brexit dur, Bruxelles vient opportunément de publier un bilan de son approche globale en matière d’équivalence dans le domaine des services financiers.
Rappelant que ces dernières années, « les reconnaissances d’équivalence accordées par l’UE ont constitué un important outil d’intégration des marchés financiers mondiaux et de coopération avec les autorités des pays tiers », la Commission souligne qu’« avant toute décision d’équivalence, l’UE examine le contexte global et la mesure dans laquelle la réglementation du pays tiers concerné produit les mêmes effets que sa propre réglementation ».
Si à ce jour, Bruxelles a adopté plus de 280 décisions d’équivalence concernant plus de 30 pays avec, parmi les plus récentes, celles portant sur des indices de référence financiers gérés en Australie et à Singapour, il arrive aussi que soient abrogées des décisions existantes. Le document cite les cas de l’Argentine, l’Australie, le Brésil, le Canada et Singapour. « Ces pays ne répondaient plus aux normes fixées par la réglementation de l’UE relative aux agences de notation de crédit après sa modification en 2013 », précise le bilan.
Bruxelles profite de ce bilan pour louer les « améliorations législatives apportées récemment aux modalités d’octroi de l’équivalence à un pays tiers par la Commission ». Désormais, précise la communication européenne, « la Commission et les autorités européennes de surveillance (AES) suivent la situation dans le pays tiers après l’adoption de la décision d'équivalence, afin de s’assurer que celui-ci continue de respecter les objectifs de l’UE et de préserver la stabilité financière, la protection des investisseurs, l’intégrité du marché et des conditions de concurrence équitables dans l’UE ».
Pour la City, qui veut le maintien du plus large accès possible au marché européen des services financiers après le Brexit, le bilan de la Commission européenne sonne comme un avertissement, particulièrement dans l’hypothèse d’un « No deal ». L’industrie financière britannique craignait déjà il y a quelques mois d’être soumise comme n’importe quel pays tiers au régime d’« équivalence » qu’elle jugeait trop contraignant.
En visite lundi en Ecosse, Boris Johnson, a jeté de l’huile sur le feu en répétant vouloir conclure un nouvel accord de retrait : « ce que nous voulons, c’est dire tout à fait clairement que le backstop (cette clause de sauvegarde prévenant tout rétablissement de frontière physique entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande : NDLR) n’est pas bon, qu’il est mort, qu’il doit disparaître. L’Accord de retrait est mort, il doit disparaître. Mais il est possible de conclure un nouvel accord ».
La semaine dernière, le numéro 2 de la Commission, Frans Timmermans, a pourtant confirmé que l’Europe ne souhaite pas renégocier l’accord de retrait trouvé avec Theresa May.
Plus d'articles du même thème
-
Le Crédit Agricole et UniCredit envisageraient de se partager l’italien Banco BPM
Les deux banques envisageraient une offre conjointe sur Banco BPM qui est déjà détenu à près de 30% par le Crédit Agricole et fait l’objet d’un projet de reprise par sa compatriote Monte dei Paschi. -
Wero engage sa seconde croisade en Europe, soutenu par BNP Paribas
Après le paiement entre particuliers, l'European Payments Initiative (EPI) s’attaque au marché des commerçants, en commençant par la vente en ligne, avec Wero for Merchants. Cette brique est déployée progressivement en Europe grâce à l’adhésion de grands groupes comme Decathlon ou Air France KLM. -
BNP Paribas s'engage sur cinq ans avec Google Cloud
Quelques mois après avoir signé avec Mistral, BNP Paribas cultive sa stratégie multicloud et multimodèle en signant un accord avec Google Cloud.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
« L’extrême droite a triché » : comment une vidéo sur Facebook a fait annuler l’élection municipale à Montargis
L’annulation de l’élection municipale à Montargis à la suite de la diffusion d’une vidéo diffamatoire sur Facebook pourrait créer un précédent juridique inédit. Le RN souhaite faire appel. -
Détroit d'Ormuz : Donald Trump rejetterait le plan iranien de réouverture en sept jours
« Le délai de sept jours commencera dès que les Etats-Unis accepteront ce plan », a indiqué Abbas Araghtchi, ministre iranien des Affaires étrangères, vendredi 25 septembre, depuis le siège des Nations unies. Las, Washington refuserait l'offre iranienne et envisagerait de reprendre les bombardements après les élections de mi-mandat -
Elle pourrait « causer un milliard de morts » : Bill Gates appelle à une forte régulation de l'IA dans les mois à venir
« Aucune arme ne s’est avérée aussi puissante que des outils d’IA avancés utilisés par des individus malintentionnés », a assuré Bill Gates, ancien patron de Microsoft, dans une interview à NBC News, qui doit paraître dimanche 27 septembre