BPCE s’installe en Suisse en ouvrant la Banque du Léman
Agréée en novembre, la filiale suisse de la Caisse d’Epargne Rhône-Alpes (Ceral) a désormais un nom. La Banque du Léman a été présentée hier à Genève, à deux pas de sa future agence qui ouvrira en avril avec une dizaine de salariés français et suisses. Pour obtenir le feu vert du régulateur helvétique, la Banque du Léman s’interdit de courtiser les particuliers fortunés en quête d'évasion fiscale.
«Nous venons créer une banque de détail, pas faire de la gestion privée, du trading de matières premières ou de la banque d’affaires», précise Stéphanie Paix, présidente du directoire de la Ceral. Avec cette nouvelle enseigne, le groupe BPCE veut se démarquer des antennes suisses de BNP Paribas, du Crédit Agricole, de la Société Générale et du CIC qui se sont développées dans ces métiers typiques de la place genevoise.
Son terrain de chasse sera les travailleurs transfrontaliers, dont le salaire est versé sur un compte domicilié en Suisse. La Ceral revendique déjà 10.000 clients de ce type dans un bassin qu’elle estime à 60.000 personnes, mais elle ne pourra pas faire du démarchage en Suisse via la Banque du Léman, et inversement. Elle mise plutôt sur le futur dispositif multicanal de sa filiale et ses tarifs de transfert d’argent attractifs pour attirer les transfrontaliers, qui devront représenter une part substantielle des 10.000 clients particuliers attendus sous cinq ans au sein de la Banque du Léman.
D’ici à 18 ou 24 mois, elle pourrait ouvrir une deuxième agence à Lausanne et courtiser les professionnels et entreprises. A moyen terme, le capital de la Banque du Léman pourrait aussi être ouvert aux autres Caisses d’Epargne et Banques Populaires frontalières de la Suisse.
La Ceral a investi 30 millions d’euros sur la Banque du Léman, soit «un quart de son résultat net», relève Yves Toublanc, président du conseil de surveillance de la caisse et vice-président de BPCE. Le bénéfice net de la banque lyonnaise atteint «130 millions d’euros en 2013» (+8,8%), pour un produit net bancaire (PNB) «proche de 700 millions d’euros» (+2,5% environ), ce qui en fait la première caisse d’épargne par le résultat et la deuxième par les revenus, derrière l’Ile-de-France.
A l’échelle de BPCE, qui versera cette année son premier dividende, «le résultat net sera assez proche de 3 milliards d’euros en 2013 et le PNB de 22 milliards d’euros», ajoute Yves Toublanc.
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