BPCE compte muscler son capital en rachetant sa dette hybride
C’est l’une des solutions au déficit en capital des banques. A l’heure où l’Europe songe à renflouer le secteur, BPCE vient de lancer une offre de rachat portant sur des titres de dette hybride, pour un montant maximum de 1,8 milliard d’euros. Sa filiale Natixis dirige l’opération avec BNP Paribas.
L’offre porte sur quatre lignes perpétuelles d’une taille respective de 800 millions, 700 millions, 850 millions et un milliard d’euros. Elle concerne en priorité les trois premières, qui seront rachetées à 65% du pair, la dernière étant proposée à 82,5%. Des prix supérieurs de 7 à 15 points à ceux auxquels se traitaient ces instruments sur le marché secondaire lundi.
La banque fait preuve d’opportunisme. «L’annonce de BPCE est très pertinente car le groupe tente de profiter de la chute des prix des obligations tier one, juge Aurel BGC. En effet, les prix de la dette subordonnée des banques européennes (et particulièrement des banques françaises) ont brutalement baissé à partir du mois de juillet sur fond de crise». Le prix de la première ligne visée par l’offre (5,25% callable en 2014) a par exemple chuté de 90% à 50% en deux mois.
En faisant l’hypothèse d’un succès total sur les trois premières lignes, BPCE pourrait dégager jusqu’à 630 millions d’euros de gain en capital selon nos calculs. Elle renforcerait ainsi son ratio de fonds propres durs core tier one, dont sont exclus les titres hybrides. Les résultats seront annoncés le 28 octobre.
La nouvelle a permis aux titres tier one des banques françaises de se redresser. «Nous tablons sur de nouvelles opérations de rachats en numéraire des titres hybrides tier one (par le Crédit Agricole, la BFCM, la Société Générale ou BNP Paribas), estime Tullett Prebon. Ces rachats à décote sont une alternative à des augmentations de capital». L’annonce de BPCE «soutient l’argument que les banques vont se tourner vers des offres volontaires sur leur dette dans les prochains mois, sur fond de recapitalisation au niveau européen, afin d’éviter des augmentations de capital dilutives», confirme Christy Hajiloizou, analyste crédit chez RBS.
L’offre de rachat décotée anticipe aussi les évolutions réglementaires de Bâle 3. Les titres tier one qui contiennent des clauses de renchérissement du coupon (step up) et incitent les émetteurs à les rembourser par anticipation ne seront progressivement plus comptabilisés en fonds propres après 2013.
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