Boursorama solde son aventure britannique au prix d’un résultat 2014 nul
Boursorama met fin à douze ans de présence au Royaume-Uni. A quelques jours du début de son retrait de cote orchestré par son principal actionnaire, la Société Générale, le courtier en ligne a annoncé vendredi la cession de son fonds de commerce local, opérant sous la marque Selftrade, et la fermeture dans la foulée de cette entité. Le groupe est entré en négociations exclusives le 1er mai avec Equiniti, un acteur national de l’administration de fonds et des paiements à qui il transfèrera ses 130.000 clients britanniques. Déjà teneur de compte de Selftrade, ce spécialiste de l’épargne retraite et salariale étoffera ainsi son offre directe aux particuliers.
«Nous avons pris notre décision en début d’année en raison du manque de perspective de rentabilité, après quelques trimestres difficiles liés à de nouvelles contraintes réglementaires en Grande-Bretagne, explique à L’Agefi Marie Cheval, PDG de Boursorama. Depuis l’été dernier, nous ne pouvons plus replacer les dépôts de nos clients à moyen terme. Cette évolution réglementaire entraîne pour Selftrade une perte durable de revenus de l’ordre de 25 %». S’ajoute à ce phénomène la hausse des coûts de conformité de la filiale britannique et les charges liées à l’arrêt d’un projet de migration informatique.
Au premier trimestre 2014, la perte de 10,6 millions d’euros de ses activités outre-Manche a ramené le bénéfice de Boursorama à seulement 2,5 millions d’euros (-72%). Sur l’ensemble de l’exercice 2013, le groupe était tombé dans le rouge en raison de dépréciations en Allemagne et au Royaume-Uni, où les 30 millions d’euros de survaleurs ont été ramenés à zéro. Boursorama ne communique pas sur les termes financiers de sa transaction avec Equiniti, mais les coûts associés à la cession et à la fermeture de son entité locale auront un «impact important» sur le résultat net part du groupe qui devrait être «proche de zéro» en 2014.
«Nous sommes en négociation exclusive avec Equiniti sur de nombreux sujets, dont le devenir de la marque Selftrade et la situation de nos salariés», indique Marie Cheval. La plupart des 110 collaborateurs de Bousorama au Royaume-Uni pourraient néanmoins perdre leur emploi.
Le Royaume-Uni a représenté 8% du produit net bancaire 2013, comme l’Allemagne qui reste en légère perte à fin mars, mais où «nous constatons une bonne dynamique opérationnelle depuis 18 mois», assure Patrick Sommelet, directeur général adjoint de Boursorama.
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