Boursorama lance la concurrence des frais sur l’épargne retraite
La chasse est ouverte. Boursorama a présenté jeudi un plan d’épargne retraite (PER) individuel «assurance» avec des frais de gestion réduits, à 1% tout compris. Avant lui, Yomoni cherchait aussi à se distinguer sur ses tarifs, mais avec la version dite «compte-titres» du produit, moins répandue. Avec son offre, Boursorama s’attaque au gros du marché. Comme l’assurance vie, les PER assurance intègrent des unités de compte, un fonds en euros et, contrairement aux PER compte-titres, bénéficient d’avantages fiscaux en cas de décès du souscripteur. Problème, ces produits présentent souvent des frais d’un autre âge, comprenant des droits d’entrée, de sortie, et plusieurs strates de frais de gestion.
Bercy s’est bien aperçu du problème. Un rapport du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) paru cet été, concluait que les frais totaux supportés par cette enveloppe sont «nombreux», ce qui pèse sur le rendement des contrats. L’information sur les tarifs demeure «peu accessible» sur les sites internet des structures qui les proposent.
C’est une des raisons pour lesquelles, même s’il avait été lancé en grande pompe avec la loi Pacte fin 2019, le PER a encore du potentiel de croissance. Au printemps dernier, se basant sur les chiffres de la fin de l’année 2020, Bercy comptabilisait un peu plus de 30 milliards d’euros d’encours pour ces produits.
L’offre proposée par Boursorama et assuré par Oradea Vie (Société Générale) peut constituer un signe avant-coureur d’un marché qui va évoluer. Jusqu’à présent, les PER assurance échappaient à la pression concurrentielle sur les frais. Cette époque est révolue. C’est aussi la confirmation que l’assurance vie, si elle reste le placement préféré des Français, avec 1.850 milliards d’euros d’encours, n’est plus celui des assureurs. Même si la proportion d’unités de compte dans les contrats a tendance à augmenter, pour atteindre aujourd’hui environ 40% de la collecte, les fonds en euros, qui pèsent sur la solvabilité des compagnies, représentent toujours plus de 80% des encours détenus en assurance vie par les ménages français. Or les fonds en euros des PER ne sont évidemment pas mis en avant par les promoteurs de ces nouveaux produits. Boursorama n’a d’ailleurs encore rien communiqué sur celui qui sera proposé dans le sien. Il y a fort à parier que son rendement proposé ne fera pas rêver.
Plus d'articles du même thème
-
TotalEnergies accélère ses rachats d'actions après un bond de son bénéfice net au 1er trimestre
Le groupe présidé par Patrick Pouyanné affiche une performance trimestrielle supérieure aux attentes, avec un résultat net de 5,81 milliards de dollars, en hausse de 51 %. Il en profite pour doubler ses rachats d'actions sur le trimestre en cours, jusqu'à 1,5 milliard de dollars. -
Le paradoxe du directeur financier français
Ou quand la prudence risque de devenir une inertie stratégique. -
Sopra Steria flambe avec la confirmation de son retour à la croissance
La société de services informatiques enchaîne un second trimestre consécutif de croissance et maintient le cap pour 2026
ETF à la Une
Amundi lance son ETP bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- Intel pulvérise les attentes grâce aux centres de données et à l'IA
- L’Italie de Giorgia Meloni présente un bilan économique mitigé
Contenu de nos partenaires
-
Sans les Britanniques, « vous parleriez français », plaisante Charles III face à Trump
Washington - Le roi Charles III a rendu la monnaie de sa pièce à Donald Trump mardi lors d’un dîner d’Etat à la Maison Blanche, affirmant, avec humour, que les Américains parleraient français si les Britanniques n’avaient pas colonisé eux aussi l’Amérique du Nord. -
Affaire Kimmel/Trump : la FCC demande un examen anticipé des licences de la chaîne ABC
Le régulateur américain des télécoms a demandé, le 28 avril, à Disney de déposer plus tôt que prévu les demandes de renouvellement des licences des stations locales d’ABC, sur fond de polémique entre les époux Trump et Jimmy Kimmel après une blague de l’humoriste sur la Première dame -
Présidentielle 2027 : Marine Le Pen espère un second tour « entre le bloc central et le RN »
Paris - A un an de la présidentielle, Marine Le Pen affirme son souhait d’un second tour «entre le bloc central et le RN». De préférence contre Edouard Philippe, plutôt que face à Jean-Luc Mélenchon. Tout en continuant d’espérer que «les juges ne (l’)empêcheront pas d'être candidate». La campagne n’a pas encore vraiment commencé mais la patronne du Rassemblement national sait déjà qui elle veut affronter. «Je souhaite un second tour face au bloc central», déclare-t-elle mardi dans un entretien à l’AFP. Un voeu formulé parce qu’elle «pense que ce qui est à faire est très important (et) qu’il est nécessaire d’avoir la force d’une élection de choix et pas d’une élection de rejet de l’autre candidat». Comprendre: face à Jean-Luc Mélenchon, que les rares sondages de second tour donnent très largement battu - moins de 30% pour l’Insoumis et plus de 70% pour Jordan Bardella - même si seul le président du Rassemblement national a été testé récemment dans ce cas de figure. Le match serait en revanche plus serré face à un adversaire issu des rangs de la droite et du centre. En particulier Edouard Philippe, donné gagnant dans les dernières enquêtes d’opinion, aussi bien contre Mme Le Pen que M. Bardella. «La présidentielle se jouera certainement entre le RN et le bloc central, s’ils arrivent à avoir un candidat commun», insiste tout de même la triple candidate à l’Elysée, qui reconnait que «dans cette configuration, Edouard Philippe a un certain nombre de qualités mathématiques» car «il est en même temps issu de la droite, ancien Premier ministre macroniste» et «il plaît à la gauche, en tout cas il ne la dérange pas». Pas envie de «facilité» Si sa préférence va donc à un affrontement contre celui qu’elle qualifie de «candidat du parti unique» et d’incarnation de «l’extinction du clivage droite-gauche», Mme Le Pen souligne que dans ce scénario, «il y a une condition sine qua non, c’est qu’ils arrivent à ne pas être quinze sur la ligne de départ». Dans le cas contraire, «le risque que Jean-Luc Mélenchon s’appuie sur un socle qui est plus fiable que le bloc central est réel», ajoute-t-elle. Mais la perspective d’une victoire dans un «front anti-LFI» ne l’enchante guère. «Je ne trouve pas ça extrêmement glorieux d'être élue sur la base de cet unique argument», explique-t-elle, critiquant «une forme de facilité». La critique vise notamment son autre rival déclaré, Bruno Retailleau, qui ne lui inspire aucune inquiétude. «Ce sera le Zemmour de 2027 (…) ce sera Monsieur Plus», ironise-t-elle. Son pari? Le patron des Républicains «va se radicaliser» pendant la campagne comme "à chaque fois que quelqu’un se met en concurrence avec le RN». Et si l’ex-ministre de l’Intérieur entend miser sur son expérience pour s’imposer, «tant mieux pour nous» car «son résultat à Beauvau est juste pathétique», assène-t-elle. Prête pour la bataille, la cheffe de file de l’extrême droite française est d’autant plus à l’aise que «les thèmes ont été imposés par le RN, aujourd’hui plus personne ne peut faire campagne sans parler d’immigration ni de sécurité, c’est une victoire idéologique qui est acquise». Avec «la question évidemment absolument essentielle du pouvoir d’achat», et «le sujet des finances publiques qui va certainement s’inviter», les grandes lignes de la confrontation sont tracées. Reste à trouver comment «dessiner dans l’esprit des Français ce que peut être la France sans l’ensemble de ces fils qui l’entravent et de ces maux qui la frappent». «La décision sera simple» Le parti n’en est pas encore là, même s’il «prépare sa campagne». Un premier séminaire mi-avril a permis d’identifier de premiers points sensibles, notamment la sécurité de son candidat «qui est une vraie préoccupation, parce que l’extrême gauche est de plus en plus brutale et violente». «Personne n’a jamais empêché un meeting de Mélenchon (…) il n’y a jamais de contre-manifestation contre un meeting de la France Insoumise, ça n’est jamais arrivé, ça n’existe pas», insiste-t-elle, dénonçant aussi bien «une impunité de la part des pouvoirs publics» qu’une «compréhension coupable de la part de la presse» qui s’en fait l'écho. D’autres réunions internes seront par ailleurs nécessaires pour finaliser le programme. «On va maintenant se voir extrêmement régulièrement, avec Jordan Bardella et nos équipes rapprochées pour commencer les arbitrages sur le projet présidentiel, qui a déjà beaucoup avancé», indique-t-elle. Mais l’essentiel reste suspendu à la décision de la cour d’appel de Paris, qui décidera le 7 juillet du sort de Marine Le Pen et pourrait confirmer son inéligibilité, voire lui imposer en plus le port d’un bracelet électronique. «Si les juges ne m’en empêchent pas, je serai candidate», assure-t-elle. A l’inverse, «si je ne peux pas être candidate ou si je ne peux pas faire campagne, ça revient au même», dit celle qui cèderait alors la place à son «binôme» Jordan Bardella. Sans état d'âme: «La décision sera simple (...) parce qu’en fait c’est assez binaire». Gabriel BOUROVITCH © Agence France-Presse