Boursorama lance la concurrence des frais sur l’épargne retraite
La banque en ligne est le premier acteur à proposer un PER assurance avec des tarifs très compétitifs. Cela pourrait stimuler le marché.
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Franck Joselin
Boursorama a dévoilé un plan d’épargne retraite (PER) individuel «assurance» peu chargé en frais de gestion.
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Photo Boursorama.
La chasse est ouverte. Boursorama a présenté jeudi un plan d’épargne retraite (PER) individuel «assurance» avec des frais de gestion réduits, à 1% tout compris. Avant lui, Yomoni cherchait aussi à se distinguer sur ses tarifs, mais avec la version dite «compte-titres» du produit, moins répandue. Avec son offre, Boursorama s’attaque au gros du marché. Comme l’assurance vie, les PER assurance intègrent des unités de compte, un fonds en euros et, contrairement aux PER compte-titres, bénéficient d’avantages fiscaux en cas de décès du souscripteur. Problème, ces produits présentent souvent des frais d’un autre âge, comprenant des droits d’entrée, de sortie, et plusieurs strates de frais de gestion.
Bercy s’est bien aperçu du problème. Un rapport du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) paru cet été, concluait que les frais totaux supportés par cette enveloppe sont «nombreux», ce qui pèse sur le rendement des contrats. L’information sur les tarifs demeure «peu accessible» sur les sites internet des structures qui les proposent.
C’est une des raisons pour lesquelles, même s’il avait été lancé en grande pompe avec la loi Pacte fin 2019, le PER a encore du potentiel de croissance. Au printemps dernier, se basant sur les chiffres de la fin de l’année 2020, Bercy comptabilisait un peu plus de 30 milliards d’euros d’encours pour ces produits.
L’offre proposée par Boursorama et assuré par Oradea Vie (Société Générale) peut constituer un signe avant-coureur d’un marché qui va évoluer. Jusqu’à présent, les PER assurance échappaient à la pression concurrentielle sur les frais. Cette époque est révolue. C’est aussi la confirmation que l’assurance vie, si elle reste le placement préféré des Français, avec 1.850 milliards d’euros d’encours, n’est plus celui des assureurs. Même si la proportion d’unités de compte dans les contrats a tendance à augmenter, pour atteindre aujourd’hui environ 40% de la collecte, les fonds en euros, qui pèsent sur la solvabilité des compagnies, représentent toujours plus de 80% des encours détenus en assurance vie par les ménages français. Or les fonds en euros des PER ne sont évidemment pas mis en avant par les promoteurs de ces nouveaux produits. Boursorama n’a d’ailleurs encore rien communiqué sur celui qui sera proposé dans le sien. Il y a fort à parier que son rendement proposé ne fera pas rêver.
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