Boursorama illustre les défis de la banque en ligne
A presque vingt ans, Boursorama se refuse à l’âge de raison. Et huit ans après le lancement de Boursorama Banque, la filiale à 56% de la Société Générale aime à se présenter comme une société internet en forte croissance, qui entend bien maintenir en 2014 le cap de fort développement de son fonds de commerce. Le numéro un de la banque en ligne en France, baromètre du secteur, vise ainsi un taux de progression de sa base de clientèle sur son marché historique comparable à celui de l’an passé, soit 19%, ce qui lui permettrait d’afficher 600.000 clients.
Cette marche forcée (passant par un bond de 49% des ouvertures de comptes courants, à près de 88.000 et par un rebond du courtage au second semestre) et un environnement de taux d’intérêt historiquement bas n’ont pourtant engendré qu’une croissance de 3% du produit net bancaire sur l’exercice écoulé (+6% au quatrième trimestre), à 207,8 millions d’euros. Les charges d’exploitation ont en parallèle bondi de 17% (+29%), sous le coup des investissements technologiques, en marketing et en personnel en France, et outre-Manche «pour assurer la remise à niveau des processus opérationnels». De quoi engendrer un repli de 24% du résultat brut d’exploitation à 50,4 millions, en ligne avec l’objectif affiché.
Boursorama subit donc au Royaume-Uni, avec Selftrade, une refonte du mode de distribution des produits financiers qui lui interdit tout développement commercial, sans doute pour l’ensemble même de l’exercice en cours. Le groupe a ainsi inscrit des dépréciations exceptionnelles de 42,4 millions d’euros au Royaume-Uni l’an passé. Associées à des dépréciations de 23,3 millions en Allemagne, sur fond de révision des perspectives, elles ont entraîné la société dans le rouge, avec une perte nette de 36,0 millions contre un bénéfice de 40,4 millions en 2012. Le résultat net sous-jacent chute tout de même de 26% à 29,7 millions.
Marie Cheval, PDG de Boursorama, assume pleinement l’«effet ciseaux négatif» du coût de développement de la société, accentué par la forte pression exercée par les taux bas sur les revenus. La dirigeante veut croire que la tendance se poursuivra cette année, avant de «commencer à s’inverser» en 2015.
Pas question de renoncer aux investissements quand, selon Marie Cheval, «tous les obstacles de perception vis-à-vis de la banque en ligne sont en train de tomber». L’objectif est toujours de «rester leader dans un marché en développement».
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