Boursorama est victime de ses activités de courtage
Le redressement des marchés financiers a été trop tardif pour sauver les résultats de Boursorama en 2012. La filiale cotée de la Société Générale affiche un résultat net en recul de 7% pour l’année (à 40,4 millions d’euros), malgré un quatrième trimestre en nette reprise (+13% à 11,6 millions d’euros). Le produit net bancaire (PNB) de 2012 n’est pas mieux orienté, reculant de 8%, à 201,5 millions.
Boursorama subit la chute du courtage, son métier historique. Au sein de sa filiale française, les revenus de cette activité accusent une baisse de 31% (à 48,4 millions d’euros), alors que la production a reculé de 24%, signe que la société a également subi un effet prix défavorable. C’est la conséquence du lancement d’un tarif d’entrée de gamme, qui a provoqué «une migration d’une partie importante de la clientèle historique de Boursorama vers cette offre», indique Patrick Sommelet, directeur financier. Une décision qu’il qualifie de «nécessaire» face à la concurrence.
Essentiellement consacrées au courtage, les activités internationales ont elles aussi tiré les comptes vers le bas: elles affichent une perte de 2,1 millions d’euros en 2012. L’allemand OnVista, qui perd à lui seul 3 millions, a passé une provision pour restructuration de 500.000 euros. Si une révision à la baisse de l’écart d’acquisition n’est pas à l’ordre du jour (40,3 millions d’euros de goodwill sont encore inscrits pour OnVista, acheté en 2007), la «marge de manœuvre s’est réduite», admet Patrick Sommelet. «Mais la valeur est encore supérieure à la valeur consolidée d’OnVista dans les comptes de Boursorama, même en prenant une hypothèse prudente pour 2013», nuance-t-il.
Face à la volatilité intrinsèque du courtage, Boursorama développe son activité bancaire, circonscrite à la France. Avec 100 millions d’euros (+8%), elle représente 63% du PNB de la société dans l’Hexagone. Dépositaire net, avec 4,27 milliards de dépôts bilanciels (+10,7%) pour 2,04 milliards de prêts et créances (+11,4%) fin 2012, Boursorama va étendre son offre de crédit et lancer au premier semestre des prêts personnels. Par prudence, ce produit sera dans un premier temps limité à ses clients actuels. «Nous porterons nous-mêmes 100% des risques sur notre bilan», précise Inès Mercereau, son PDG.
Le ratio de fonds propres tier 1 ressort à 41,3%. Pourtant, la politique de dividende ne sera pas modifiée et Boursorama va mettre ses bénéfices en réserve.
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