BoA affiche de lourdes pertes et peine à renforcer ses fonds propres
Trimestre peu glorieux pour Bank of America (BoA) : la première banque américaine par le volume des actifs a annoncé hier la perte nette la plus importante de son histoire à 8,8 milliards de dollars. Cette perte record de 90 cents par action n’a néanmoins pas surpris les analystes qui avaient été prévenus que BoA voulait solder sur ce trimestre le douloureux contentieux Countrywide, du nom du prestataire de crédit immobilier racheté en 2008.
Concrètement, BoA a versé ce trimestre 8,5 milliards de dollars en cash à différents investisseurs de produits mortgage-backed securities (MBS) commercialisés par Countrywide en échange de l’abandon de poursuites judiciaires. BOA a par ailleurs provisionné 20 milliards de dollars supplémentaires pour couvrir d’autres risques liés aux crédits immobiliers.
Ces éléments exceptionnels expliquent aussi en partie la baisse du revenu net bancaire de BoA qui s’est établi à 13,5 milliards de dollars, en baisse de 54%. Le CEO de la banque Brian Moynihan, s’est néanmoins montré confiant en expliquant que BoA allait «continuer ses efforts pour mettre cette incertitude liée aux crédits immobiliers derrière nous».
Ces opérations de nettoyage ont toutefois un impact certain sur le capital de la banque, à un moment où tous les observateurs ont les yeux rivés sur les nouvelles exigences de Bâle III applicables à partir de 2013. Pour ce trimestre, BoA affiche un ratio tier 1 de 8,23%, en légère baisse par rapport au 8,64% du trimestre précédent. Selon Barclays Capital, le niveau tier 1 de BoA est inférieur de 5,5% à ce qu’il devrait être avec Bâle 3. En comparaison, les rivales de BoA ayant déjà annoncé leur second trimestre fiscal affichaient de meilleures structures de capital avec un ratio tier 1 de 10,1% pour JPMorgan et de 11,6% pour Citi.
Mais ce retard de BoA n’inquiète pas outre mesure Brian Moynihan, tout au contraire. Le président de BoA a en effet affirmé hier aux analystes qu’il n’avait aucune intention de renforcer les fonds propres de la banque, afin, a t-il expliqué, de ne pas pénaliser les actionnaires. Un discours qu’il avait déjà tenu il y a quelques jours en expliquant que ces nouvelles réglementations bancaires freinaient la reprise. Une assurance qui a néanmoins refroidi hier certains analystes et Wall Street, où le titre BoA était en forte baisse hier.
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