BNP Paribas veut profiter de l’enrichissement de la Pologne
L’insolente santé de l’économie polonaise, dans une Europe largement atone, attise les ambitions. BNP Paribas a annoncé hier le lancement de sa banque privée en Pologne, avec l’ouverture de six centres dans les principales villes du pays, bientôt sept.
«Depuis deux ans et demi, nous souhaitions développer des projets dans les pays où, outre les marchés domestisques du groupe, BNP Paribas jouissait d’une franchise importante en banque de détail mais ne bénéficiait pas encore d’offre de banque privée ni de gestion de fortune. Nous avons commencé par le Maroc, puis les Etats-Unis, l’Allemagne, la Turquie et aujourd’hui la Pologne», indique à L’Agefi Pierre Ramadier, responsable des marchés de détail internationaux au sein de BNP Paribas Wealth Management.
A défaut d’avoir pu acquérir les établissements Zachodni et Polbank (respectivement remportés par Santander et Raiffeisen en 2010 et 2011), l’établissement français s’appuie sur le réseau hérité du belge Fortis. Dans son trousseau, ce dernier lui a apporté un tissu qui représente aujourd’hui environ 230 agences, 350.000 clients particuliers et près de 2.600 entreprises. En outre, BNP Paribas dispose d’une base - développée à partir de l’ancien pôle de banque privée de Fortis - d’un peu plus de 500 clients en gestion de fortune, représentant 200 millions d’euros de capitaux gérés.
Aujourd’hui donc, BNP Paribas peut offrir à ces derniers une offre structurée. Son modèle de banque privée est fortement lié au réseau de détail, d’où doivent provenir l’essentiel des futurs clients. En Pologne, les entrepreneurs et les professions libérales représentent aujourd’hui un peu moins de 30.000 clients de la banque commerciale du groupe.
Le groupe français est relativement ambitieux pour sa banque privée: dans les trois ans qui viennent, il espère dépasser les 2.000 clients et les 500 millions d’euros de capitaux gérés, soit une multiplication par quatre et par 2,5 respectivement. Dans le même laps de temps, le nombre de collaborateurs devrait passer de 31 actuellement à une cinquantaine.
Décalage résiduel de niveau de vie oblige, les critères sont inférieurs à ceux de l’Europe occidentale. Le seuil d’entrée a été fixé à 600.000 zlotys (150.000 euros) d’épargne financière pour l’offre de banque privée et à 10 millions de zlotys (2,5 millions d’euros) pour la gestion de fortune au sens propre.
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