BNP Paribas prépare un plan offensif de développement en Asie et aux Etats-Unis
BNP Paribas repart à l’offensive. Dans un entretien accordé aujourd’hui au Financial Times, son directeur général, Jean-Laurent Bonnafé, indique que maintenant que le plan de réduction du bilan de la banque française destiné à gonfler ses capitaux propres «est clos», elle «peut à présent se tourner vers l’avenir». Et d’ajouter que si «nous ne pouvons pas imaginer un plan global avant la fin l’année prochaine car nous devons d’abord connaître les règles du jeu», Jean-Laurent Bonnafé indique que «soit pour des activités spécifiques soit pour des régions spécifiques, nous pensons pouvoir annoncer des choses avant cette date».
Dans une volonté de réduire sa dépendance à la zone euro, la banque devrait annoncer prochainement un plan d’expansion de sa banque d’investissement ainsi que de ses activités de gestion d’actifs en Asie, selon le Financial Times. L’Asie pèse déjà à hauteur de 12% dans les revenus de BNP Paribas, hors activités de détail qui pèsent à peu près à hauteur de 50% dans l’activité totale de la banque. Jean-Laurent Bonnafé estime que dans les trois à cinq prochaines années, ces 12% devraient atteindre «une part bien plus importante – l’ampleur et le timing étant encore à déterminer». «Pour moi, il est assez logique de débuter par l’Asie, nous débuterons avec deux activités clés, l’une d’entre elles étant la plateforme de taux d’intérêt».
Jean-Laurent Bonnafé ajoute que «les Etats-Unis seront partie prenante», expliquant qu’avec «ses énormes industries de gestion d’actifs, si vous souhaitez distribuer des actifs européens, vous devez avoir une plateforme efficace aux Etats-Unis afin de maintenir et de développer l’accès aux investisseurs». La filiale américaine de BNP Paribas, Bank West, a dégagé un résultat avant impôts de 438 millions d’euros au premier semestre, soit 13% du résultat total du groupe sur la partie banque de détail.
La banque française a mis à prix vendredi sa première obligation libellée en dollars depuis 16 mois. Le groupe a levé 1,25 milliard de dollars à cinq ans. L’opération a suscité une demande de plus de 4 milliards de dollars. BNP Paribas, qui avait initialement évoqué un spread de 185 à 190 points de base (pb), a ainsi pu le réduire à 178 pb. Et Jean-Laurent Bonnafé d’indiquer au Financial Times que la filiale italienne de BNP Paribas, BNL, se financera de manière indépendante. «Les investisseurs souhaiteraient que les opérations italiennes soient plus financées sur le marché local», selon Jon Peace, analyste chez Nomura.
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