BNP Paribas prépare les esprits à une baisse de ses effectifs en France
Réaffirmer le pacte social de l’entreprise. C’est en ces termes que BNP Paribas a présenté le 19 février à ses syndicats des perspectives pour l’emploi dans le groupe qui laissent peu de doute quant à la trajectoire prévue: une baisse des effectifs cette année en France. Le nombre élevé de départs en retraite et la multiplication des restructurations «nous amènent à anticiper une situation qui se traduira par une baisse des besoins en emploi sur l’année 2013», dont le chiffrage sera communiqué lors d’un prochain comité central d’entreprise. «Le turnover important prévu permet d’envisager sereinement la gestion de cette situation», et «aucun plan de départ n’est envisagé», précise ce document dont L’Agefi a pris connaissance.
L’année 2013 se caractérisera par une forte hausse des départs en retraite: autour de 1.300 à 1.500, contre 810 en 2011. Le nombre de démissions et de licenciements ou ruptures conventionnelles devrait rester stable. En face, les recrutements de CDI en France devraient être compris dans une fourchette de 700 à 1.000, selon la dernière enquête de L’Agefi Hebdo sur l’emploi dans les banques, contre 1.850 en 2012. On peut donc d’ores et déjà anticiper plusieurs centaines de suppressions de postes sur le périmètre d’activités de BNP Paribas SA en France.
D’autant que la banque mène plusieurs restructurations de front. Dans la banque de détail, l’exercice sera marqué pour la première fois par une baisse, en net, du nombre d’agences, tandis que la cure d’amaigrissement continuera dans les back-offices, avec 200 à 250 postes supprimés en équivalent temps plein. S’y ajouteront les effets de «simple & efficient», le plan d’efficacité que le groupe vient de lancer pour économiser 1,5 milliard d’euros à horizon 2015. Pour gérer ces évolutions, la banque veut revoir sa gestion de la mobilité interne. Trois structures dédiées vont être mises en place au sein des pôles banque de détail en France, BFI et solutions d’investissement.
La plupart des grandes banques françaises vont réduire la voilure dans l’Hexagone en 2013. A la Société Générale, le réseau a déjà perdu 291 emplois sur 23.758 l’an dernier, selon la CGT. Au Crédit Agricole, les 39 caisses régionales prévoyaient cette année 4.125 départs pour 2.707 recrutements, selon un chiffrage consolidé révélé par Les Echos. Mais ces simples estimations datent d’octobre: la prévision de recrutement est passée depuis à 3.000.
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