BNP Paribas met son excédent de fonds propres au travail

L’acquisition auprès de l’Etat belge des 25% qu’il ne possédait pas dans BNP Paribas Fortis a été favorablement perçu par les investisseurs
Antoine Landrot

Les 3,25 milliards d’euros payés par BNP Paribas à l’Etat belge pour 25% du capital de BNP Paribas Fortis valorisent la filiale à 13 milliards d’euros. Un prix qui ne semble pas choquer le marché. Il correspond en effet à 0,68 fois ses fonds propres en 2012 et 0,71 fois ceux du premier semestre 2013, selon les calculs des analystes de Natixis. Or, la moyenne de l’indice Stoxx Banks ressortait à 0,84 fois la book value au premier semestre.

«C’est une très bonne opération compte tenu du prix payé, indique un professionnel. Il ne faut pas oublier que BNP Paribas Fortis est d’abord une banque de détail, ce qui implique une bonne visibilité sur la génération de profit. Par ailleurs, le coefficient d’exploitation de la filiale reste élevé [72,5% au troisième trimestre 2013, ndlr]; la restructuration en cours devrait permettre de réduire les charges et par conséquent d’améliorer la profitabilité.»

Le fait que l’offre soit en numéraire est bien perçu par les professionnels, alors que depuis la crise financière, le nombre d’actifs en vente excède largement les acquisitions réalisées par les établissements bancaires. BNP Paribas donne ainsi un signe positif en matière d’utilisation de son capital excédentaire – le coût en capital réglementaire CET1 de l’opération atteint 50 points de base. Son ratio core equity tier one (CET1) atteint 10,8% au 30 septembre, contre un minimum de 9% prévu par les futures règles de Bâle 3. «Contrairement à d’autres banques dans le même cas, BNP Paribas a mis ces fonds au travail», soulignent les analystes de la Société Générale. «La génération de capital du groupe devrait lui permettre de continuer à réaliser des acquisitions en 2014», abondent ceux de Natixis.

BNP Paribas est d’ailleurs candidat à la reprise de BGZ, la filiale polonaise de Rabobank.

La banque a en outre indiqué que l’acquisition serait relutive d’environ 3% sur le bénéfice net par action (BPA) estimé pour 2013. Elle renforce «son BPA à bon compte, dans un secteur où il est difficile d’augmenter ses bénéfices», relèvent les analystes de la Société Générale. «Cette opération relutive est de nature à soutenir la performance du titre. BNP Paribas se traite toujours avec une décote de 10% par rapport au Stoxx Banks», indique-t-on chez Natixis.

Le marché semble partager cet avis: le titre s’est adjugé 2,9% en fin de séance, à 54,43 euros.

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