BNP Paribas chute en Bourse sur fond de condamnation aux Etats-Unis
Il y a des dossiers poisseux ; pour BNP Paribas, celui de la violation de l’embargo soudanais en est un. Le cours de l’action BNP Paribas a lourdement chuté en Bourse, perdant jusqu’à 10,5% en fin de matinée pour évoluer en baisse de 7,7% à la clôture, entrainant avec lui ceux de la Société Générale et du Crédit Agricole, après qu’un jury populaire américain a reconnu la banque complice d’exactions au Soudan.
La banque est accusée d’avoir contribué au financement du génocide dans le pays dans les années 2000, et trois plaignants se sont vu accorder chacun entre 6 à 7 millions de dollars de dédommagement, un peu plus de 20 millions à eux trois. Michael Hausfeld, un des avocats des plaignants, a déclaré à l’AFP que le verdict constituait «un présage de poursuites similaires». Les plaignants soudanais seraient 23.000 d’après des infos de Bloomberg, ce qui peut laisser augurer une ardoise totale chiffrée en dizaines de milliards de dollars.
BNP Paribas fera appel
Au Soudan, la banque s’était livrée à des transferts en dollars, par l’intermédiaire de sa filiale suisse, alors que le pays avait été inscrit par Washington sur la liste des pays soutenant le terrorisme. En 2014, après un plaider coupable, BNP Paribas avait pu penser clore le dossier en réglant alors une amende de 8,83 milliards de dollars à l’Etat Fédéral.
Par communiqué, BNP Paribas a indiqué avoir «la ferme intention» de faire appel et «croire fermement que ce verdict devait être annulé en appel». «Ce verdict concerne uniquement ces trois plaignants et ne doit pas avoir de portée plus large» ajoute la banque. » «Toute tentative d’extrapolation est nécessairement erronée», assure-t-elle, «tout comme toute spéculation concernant un éventuel ‘settlement’». Elle affirme d’ailleurs considérer «qu’elle n’a aucune pression pour parvenir à un ‘settlement’ dans cette affaire».
Par ailleurs, la banque a aussi précisé que la procédure actuellement en cours aux Etats-Unis présente la particularité d'être régie par le droit suisse, et que la banque avait fourni des services financiers «autorisés par le droit suisse et le droit européen». «Le gouvernement suisse lui-même a confirmé que ces revendications sur la base du droit suisse n’ont aucun fondement juridique et a même pris l’initiative remarquable de soumettre une lettre à la Cour avant le procès». Des précision que le marché ne semble pas faire sienne.
Plus d'articles du même thème
-
La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Un des héritiers de Leonardo Del Vecchio souhaiterait que la holding familiale Delfin cède ses participations dans le secteur financier, ce qui pousserait à des désengagements de Generali, Monte dei Paschi et UniCredit. -
Le Crédit Agricole joue la carte coopérative pour se renforcer en Espagne
La banque verte annonce une prise de participation de près de 10% au capital du premier groupe bancaire coopératif espagnol. L’alliance se double de projets de distribution dans différents services financiers, mais pas dans l’assurance. -
Les banques américaines ouvrent grand le robinet des dividendes
La Réserve fédérale américaine a publié mercredi les résultats des tests de résistance des 32 plus grandes banques du pays. Toutes ont réussi à passer ces tests, qui ont ouvert la voie aux annonces de hausse de dividende.
ETF à la Une
Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
Contenu de nos partenaires
-
IdentitésExtrême droite : le grand renversement
La famille du résistant honoré par la République a refusé la présence de représentants du Rassemblement national, au nom de la « continuité historique » entre eux, les collaborateurs et les nazis qui assassinèrent le grand historien -
Projet de loi d'urgence agricole : tout savoir sur la bataille de l’acétamipride au Sénat
Ce lundi, les sénateurs vont examiner le projet de loi d'urgence agricole (PLUA). Contrairement aux députés, ils devraient voter en faveur de la réintroduction de l’acétamipride -
Présidentielle 2027 : la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon soutient Edouard Philippe
Sur France Inter, lundi 29 juin, Maud Bregeon a annoncé soutenir Edouard Philippe dans la course à l'Elysée. La porte-parole du gouvernement a justifié son choix par le « risque absolument majeur d'un second tour entre le Rassemblement national et La France insoumise »