BNP Paribas Cardif affiche un milliard de profits en 2012
Pour la première fois, les activités d’assurance de BNP Paribas ont dépassé l’an dernier le milliard d’euros de résultat net avant impôt. Un an plus tôt, celui-ci avait plafonné à 476 millions à cause de la crise grecque, après 814 millions en 2010. En 2012, le produit net bancaire (la marge commerciale nette) a atteint un niveau record de 2 milliards d’euros (+20%). «En dix ans, l’entreprise a vu sa taille multipliée par trois, que ce soit en chiffre d’affaires, en PNB ou en RBE (résultat brut d’exploitation, ndlr)», a déclaré hier Eric Lombard, PDG de BNP Paribas Cardif.
Pour autant, son chiffre d’affaires (l’ensemble des primes des clients) reste inférieur d’un milliard à son pic de 25,3 milliards en 2010. En France, celui-ci a diminué de 1% l’an dernier, à 10,8 milliards d’euros. Soit son niveau le plus bas depuis 2009. «La situation est contrastée entre la France et le reste de l’Europe et les zones émergentes», reconnaît Eric Lombard. Dans l’Hexagone, la société a pâti d’un nouveau recul de l’épargne, son principal métier (-2%). Sa collecte en assurance vie a été nulle, dans un marché en décollecte. Pour rebondir, BNP Paribas Cardif mise sur ses contrats diversifiés mêlant actions et obligations.
L’assureur diversifie aussi son portefeuille obligataire, composé à plus de 60% de titres d’entreprises et d’institutions financières contre 100% d’obligations d’Etat en 2007. Il a lancé un fonds de dette corporate avec la BFI du groupe et mise sur le fonds stratégique de participation qui doit regrouper les quotes-parts de plusieurs assureurs dans de grandes entreprises ou grosses PME cotées. Eric Lombard émet des «réserves» sur l’investissement dans la dette des PME innovantes et sur d’éventuelles modifications du régime de l’assurance vie, dans le cadre du rapport parlementaire Berger-Lefebvre attendu la semaine prochaine.
BNP Paribas Cardif, qui fête ses 40 ans cette année, réalise désormais plus de la moitié de son chiffre d’affaires à l’international (13,5 milliards, +10%), via sa maison mère et des partenaires extérieurs. En épargne, son recul en Italie (-4%) a été compensé par un bond de 20% au Luxembourg, 15% en Belgique, et surtout 33% à Taïwan où l’assureur pense encore progresser de 20% cette année. En protection (santé, dommages), l’Europe est à la traîne (-2%) mais l’Asie et l’Amérique Latine affichent des croissances à deux chiffres.
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