BNP Paribas bouclera en avance son plan d’adaptation
BNP Paribas démontre une fois de plus sa capacité à dégager des bénéfices. Certes, les 2,87 milliards d’euros de résultat net affichés au premier trimestre (+10% sur un an) intègrent une plus-value de 1,8 milliard réalisée lors de la vente d’une participation de 29% dans sa filiale Klépierre. Mais, si l’on exclut l’ensemble des éléments exceptionnels (dont une perte liée à la réévaluation de sa dette), BNP Paribas parvient malgré tout à sortir 2 milliards d’euros de bénéfice net. Ce montant est inférieur de 22% au résultat du premier trimestre 2011, lequel avait été très solide. Mais il permet au groupe d’afficher un rendement des capitaux propres de 11,5%, qui «demeure l’un des meilleurs du monde bancaire», note Pierre Chedeville, analyste chez CM-CIC Securities.
Comme pour la Société Générale jeudi, les activités de marché ont été dynamiques par rapport à un dernier trimestre 2011 difficile. BNP Paribas a ainsi doublé ses revenus dans le trading sur les produits de taux (à 1,7 milliard d’euros).
La banque a aussi insisté sur l’avancée de son plan d’adaptation, annoncé l’année dernière dans la foulée du regain de crise de la zone euro. La banque a réalisé 80% du programme de réduction de son bilan au 31 mars. Le rythme s’est donc fortement accéléré, puisque la proportion atteignait 32% au 31 décembre 2011. Au cours du premier trimestre 2012, BNP Paribas a en effet réduit ses actifs pondérés des risques (RWA) de 38 milliards d’euros.
Son directeur général Jean-Laurent Bonnafé estime le groupe en mesure de boucler le plan au cours de l’été, alors que le calendrier initial s’étalait jusqu’en décembre. En outre, BNP Paribas est parvenu à minimiser l’effet comptable du programme: les 2 milliards d’euros de créances ont été cédés avec une décote moyenne de 3,7%, soit 74 millions d’euros.
La banque a par ailleurs continué à réduire son exposition nette aux dettes souveraines. L’exposition aux pays «sous plan d’aide» (Irlande, Portugal et Grèce) est passée de 2,6 à 1,1 milliard d’euros entre la fin 2011 et le 30 avril dernier. Pour les autres pays de la zone euro, le montant a été réduit de 24%, à 41 milliards.
BNP Paribas s’est enfin montré rassurante quant à sa solvabilité : son ratio de fonds propres core tier one atteint 10,4% sous Bâle 2.5 (contre 9,6% fin 2011). Le ratio sous Bâle 3 est à nouveau annoncé à 9% au 1er janvier 2013, sans nécessité de céder des filiales.
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