BNP Paribas assure pouvoir continuer à travailler sans augmentation de capital
BNP Paribas persiste et signe: la banque n’a pas besoin d’être recapitalisée et ne recherche pas d’investisseurs. Son directeur général, Baudouin Prot, a catégoriquement démenti jeudi sur BFM Radio les informations du Financial Times et de Reuters selon lesquelles le groupe serait en discussions avec des investisseurs du Qatar et d’Abou Dhabi. Il a précisé ne chercher d’investisseurs ni au Qatar, ni ailleurs, mais que ses équipes organisaient en permanence des road-shows dans le monde entier pour expliquer la situation de la banque. BNP Paribas compte déjà deux actionnaires souverains stables à son capital: la Belgique avec une participation de 10,7% et le Luxembourg avec 1,1%. Réunie autour de son directeur général hier après-midi pour une présentation du groupe à la presse internationale, l’équipe dirigeante, à laquelle il a été demandé d’apporter davantage de précisions, s’est cantonnée à renvoyer aux précédentes déclarations.
La banque a perdu près de la moitié de sa valeur en Bourse depuis le début de l’année, une chute précipitée pendant l’été sur fond de crise en zone euro, d’une croissance mondiale plus faible mais aussi de craintes d’éventuels besoins de recapitalisation.
«Nous avons les moyens de nous financer et de continuer à faire notre métier», a martelé Baudouin Prot sur BFM. Il a néanmoins précisé lors de la présentation aux journalistes que l’objectif d’atteindre dès 2013 un ratio de 9% selon les règles de Bâle 3 ne prenait pas en compte de nouvelles dépréciations sur les titres souverains grecs. La banque avait appliqué au deuxième trimestre une décote de 21% sur les titres qu’elle détient dans le cadre de l’accord d’échange adopté par les autorités européennes. «Si la situation change, nous évaluerons cette situation et en préciserons les conséquences lors des résultats du troisième trimestre», a indiqué le directeur général, précisant que son groupe pouvait de toute façon absorber dans ses comptes une nouvelle décote sur la Grèce.
Baudouin Prot estime par ailleurs qu’il n’y a «pas de problème spécifique avec les banques françaises» et que l’ensemble du secteur souffre de la défiance des marchés. Il a également contredit les propos de Mohammed El-Erian, le patron de Pimco qui, dans le Financial Times, estime que la situation des banques françaises peut provoquer une crise bancaire. «C’est sa responsabilité de dire cela. Je pense que les banques françaises, dont BNP Paribas, sont aujourd’hui en état de continuer à fonctionner.»
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