BforBank tire un bilan satisfaisant de sa première année d’existence
BforBank est dans la ligne de son plan de marche. La banque tout internet du Crédit Agricole, détenue à 85% par les caisses régionales et à 15% par CASA, vient de souffler sa première bougie avec 52.000 clients et 2,6 milliards d’euros d’épargne. Des résultats qui correspondent à son positionnement haut de gamme, et à son objectif de conquérir chaque année 30.000 à 40.000 clients pour 1,5 à 2 milliards d’épargne.
«Cela nous confirme dans notre volonté de rester dominants dans la clientèle des mass affluent, qui représentent 60 à 70 % des quelque 100 milliards d’euros de flux d’épargne annuels en France, souligne André Coisne, directeur général de la banque. Nous n’irons pas sur un marché plus large». BforBank, qui s’est positionnée comme «le concurrent des concurrents des caisses régionales» selon le mot de son président Christian Rouchon, DG du Crédit Agricole Sud Rhône-Alpes, a par ailleurs peu mordu sur le fonds de commerce de ses actionnaires. 20 % de ses clients le sont déjà à la banque verte.
L’essai n’est pas transformé pour autant. En excluant l’apport de CPR Online, le courtier en ligne du Crédit Agricole qui a fusionné en juillet avec BforBank, la «vraie» conquête revient à 40.500 clients et 1,7 milliard d’encours. L’assurance vie n’a collecté pour l’heure qu’une trentaine de millions d’euros. Toute l'épargne gagnée par BforBank l’a donc été grâce à son produit phare, le livret d’épargne rémunéré à 2% mais vendu avec un taux promotionnel de 5%.
La société refuse de communiquer le taux de déperdition des clients une fois la promotion achevée, mais le juge «d’un niveau supportable». Elle se dit aussi confiante sur sa capacité à dégager de la marge sur cette ressource, pour peu que la courbe des taux soit assez pentue. Les dépôts sont replacés auprès de Crédit Agricole SA dans le cadre de la gestion actif-passif du groupe.
Le modèle de pur acteur de la banque en ligne suppose enfin de gros investissements de marketing. BforBank maintiendra ses dépenses publicitaires dans les cinq ans. «Sur internet, si vous ne communiquez plus, tout s’arrête. Cela fait partie du coût d’acquisition du client», juge André Coisne. La rentabilité de certains concurrents, tels Boursorama, s’en ressent. BforBank, qui a bénéficié d’un investissement initial de 100 millions censé couvrir ses pertes sur la période de lancement, ne vise, elle, le point mort qu’en 2014.
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