Bercy veut inscrire dans la loi la gratuité du service de mobilité bancaire
L’exécutif repart à l’offensive pour «faciliter le quotidien» des clients bancaires, notamment leurs changements de banque. Alors que le Sénat a adopté le 12 mai un amendement gouvernemental à la loi Macron actant la mise en place d’un service de mobilité qui devra être automatisé, se pose la question du maintien de sa gratuité.
«Aujourd’hui on peut changer de banque plus facilement qu’avant mais il y a encore des obstacles... Il faut qu’on aille vers une simplification absolue et une gratuité pour le client», a assuré le ministre des Finances, Michel Sapin, jeudi matin, en visite dans une agence de La Banque Postale à Ivry-sur-Seine. Alors que l’amendement voté au Sénat mentionne un service proposé «sans condition», le ministre entend faire inscrire sa «gratuité» dans le marbre du texte qui va arriver en seconde lecture à l’Assemblée nationale la semaine prochaine. Pour la Fédération bancaire française (FBF), la question de la gratuité du service doit rester à la discrétion des établissements. «Il reviendra à chacun d’eux de déterminer, dans le cadre de sa politique commerciale, la tarification appropriée de ce service à forte valeur ajoutée», estimait jeudi la FBF dans un communiqué., Ce service a toujours été gratuit mais la donne semble changer depuis que son automatisation nécessite «la création d’une infrastructure interbancaire spécifique» au coût «non négligeable», aux dires de la FBF.
Jeudi, Michel Sapin a également annoncé le lancement fin 2015 d’un comparateur des tarifs bancaires public en ligne qui devrait favoriser la concurrence et faciliter la mobilité. Il sera gratuit, alors que ceux proposés par les associations de consommateurs ou les acteurs privés sont plutôt payants.
Enfin, le ministre a ouvert une boite de Pandore en se déclarant favorable à «une plus grande facilité d’usage de la CB» passant par la remise en cause du seuil des 15 euros pour les paiements par carte. «Il y a des obstacles pour les petits montants; il est légitime que les banques demandent une rémunération aux commerçants mais il y a des conditions de rémunération qui peuvent être un obstacle», selon Michel Sapin.
La FBF concède que la partie fixe de la commission interbancaire de paiement pourrait diminuer. Un sujet qui sera discuté aux Assises des moyens de paiement le 2 juin à Bercy. En revanche, l’acceptation de la carte pour les petits paiements relève aujourd’hui du choix du commerçant.
Plus d'articles du même thème
-
Malgré les tensions, les discussions autour de la restructuration de Casino se poursuivent
Le distributeur ne paiera pas les intérêts dus fin septembre à certains de ses créanciers qui lui ont intenté une action contentieuse en août et s’opposent au projet de restructuration qu’il a choisi. -
Les pays émergents ont gonflé la dette mondiale
L’endettement mondial a atteint au 30 juin 2026 un nouveau record de 365.000 milliards de dollars, sous l’impulsion des entreprises et des Etats, selon l’IIF. La hausse des taux accroît les dépenses d’intérêt et mécaniquement la dette. Elle devrait continuer de progresser en raison des besoins d’investissement dans les secteurs stratégiques. -
L’actionnariat salarié affiche sa résistance
Au sein du SBF 120, 40 opérations collectives ont été menées en 2025, pour une collecte de 3,8 milliards d’euros. Plus d’un salarié sur trois est actionnaire. Les salariés détiennent de nouveau plus de 3% de l’indice.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Un ami pour la vieEntre Macron et Léon XIV, une communion contrariée
Le chef de l'Etat tente de valoriser ses combats commun avec Léon XIV sur l'Europe, le multilatéralisme et les dangers de l'IA malgré leurs divergences sur la fin de vie, l'immigration et la PMA -
Régulation de l'IA : devant le Conseil de sécurité de l'ONU, le choc des géants
Dans un contexte de montée des inquiétudes autour de la trajectoire de l'intelligence artificielle, les patrons d'OpenAI, d'Anthropic et d'Hugging Face étaient réunis mercredi au Conseil de sécurité de l’ONU, à l’initiative de Paris. -
Lettres persanes« J'ai pas eu votre vie. Fichez-moi la paix ! » : à son procès, la charge de Rachida Dati contre une avocate
Les débats étaient tendus jeudi au tribunal correctionnel où l'ancienne ministre a eu réponse à tout, parfois à côté