Bercy mise sur l’autorégulation pour juguler les frais d’incidents bancaires
C’est par un guide du «bon usage professionnel» que, dans un premier temps, le gouvernement répondra à la question des frais d’incidents bancaires. Lundi soir, Bruno Le Maire a officialisé les engagements de la profession pour limiter ces frais facturés en cas d’accumulation d’incidents de paiement et d’irrégularités de fonctionnement des comptes bancaires. Déclinés en trois piliers, ils visent notamment à plafonner ces frais pour tous les bénéficiaires de l’offre spécifique (OS) créée en 2014 par le législateur en faveur des clients financièrement fragiles.
Plusieurs associations de consommateurs, qui avaient pointé du doigt début juillet des frais d’incidents générant 6,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour les banques chaque année, réclamaient un plafonnement pour l’ensemble des consommateurs. Le Comité consultatif du secteur financier (CCSF) indiquait en juillet que 25% des clients français payaient au moins une fois par an des frais d’incidents bancaires, pour un montant moyen de 180 euros par an.
Seuls les bénéficiaires de l’OS, environ 350.000 personnes, bénéficieront donc de la vigilance du secteur bancaire sur ces frais, que Bruno Le Maire souhaite voir limités à un maximum de 20 euros par mois et 200 euros par an dans le cadre d’une politique volontariste définie établissement par établissement. Des données chiffrées qui ne figuraient pas dans le communiqué de la Fédération bancaire française (FBF).
Afin d’évaluer les efforts réalisés, l’Observatoire de l’inclusion bancaire (OIB) effectuera un suivi des politiques tarifaires à la fin du premier semestre 2019. Sa mission concernera aussi le deuxième pilier des engagements bancaires : les efforts en matière de diffusion de l’OS, une offre réglementée de services spécifiques pour moins de 3 euros par mois. Si celle-ci n’est encore souscrite que par 10% de sa population cible, la FBF pointe que ses bénéficiaires ont augmenté de 40% l’an dernier.
En cas d’insuffisances sur ces deux piliers, le gouvernement pourrait imaginer des voies d’action plus coercitives. Le dernier pilier concerne la prévention. Les banques s’engagent à faire une promotion renforcée de leurs services d’information et d’alerte. Et la profession travaillera aussi sur les cas de double facturation lors de la présentation répétée de prélèvements infructueux.
Plus d'articles du même thème
-
Les banques européennes chutent avec le rebond des taux souverains
Les cours des grandes banques du Vieux continent plongent à des plus bas inédits depuis début juillet après la nouvelle hausse des rendements des obligations souveraines européennes et américaines. -
L’innovation s’immisce dans tous les points d’attention du superviseur bancaire
Emmanuelle Assouan, la secrétaire générale de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, a expliqué, lors de son intervention à l’événement Bank Acceleration organisé par L’Agefi à Paris, quels étaient les apports concrets et les dangers de l’IA pour les banques et a fait le point sur les avancées de l’euro numérique de gros. -
Hello Bank! est primé pour son IA générative lors des Bank Acceleration Awards
A l’occasion de son événement Bank Acceleration, L’Agefi a organisé les Bank Acceleration Awards récompensant les banques et l’ensemble des acteurs opérant sur le marché français qui portent des innovations technologiques à fort impact. Des banques traditionnelles mais aussi de jeunes pousses font partie du palmarès.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
Contenu de nos partenaires
-
La dette européenne pourrait atteindre 1000 milliards d’euros en 2027
La Cour des comptes européenne met en garde les Vingt-Sept contre les effets de l’augmentation de la charge de la dette -
AsphyxieLycées, dette, carburants... Sébastien Lecornu encerclé par les crises
« La colère des jeunes ne vient pas de nulle part », a reconnu le Premier ministre mercredi soir, sans parvenir à éteindre cette crise. D'autres tournent déjà au-dessus de Matignon et d'un gouvernement qui lutte pour conserver son sang-froid -
EditorialBudget : sur les retraites, déjà le reniement
Mercredi matin, en commission, les députés ont supprimé l’article du projet de loi de finances qui prévoyait de raboter l’abattement fiscal de 10 % pour les retraités