BBVA restructure sa direction autour du numérique et de l’international
Moins d’une semaine après avoir présenté ses résultats trimestriels, BBVA a surpris en annonçant mardi une réorganisation importante de sa direction, avec effet immédiat .
Numéro 2 de la banque, président et directeur général des opérations depuis 2009, Angel Cano la quitte, remplacé par Carlos Torres Vila, responsable de la division banque numérique depuis 2014. Un signe fort de la volonté affichée de faire de la transformation digitale la principale priorité stratégique du groupe. «Nous entamons une nouvelle phase pour avancer vers notre objectif de devenir la meilleure banque universelle de l’âge numérique», explique Francisco Gonzales, PDG de BBVA.
Depuis 2011, la banque a dépensé plus de 3,2 milliards d’euros pour développer les services en ligne et sur mobile, et répondre à «la menace existentielle» que représentent des firmes comme Google, Facebook ou Amazon. «Le message est presque que la banque avait besoin d’un nouveau directeur des opérations parce que dans le futur elle va ressembler à un vaste site internet», analyse Arturo Bris, professeur à l’IMD Business School de Lausanne. BBVA restructure en profondeur sa direction avec un nouvel organigramme et un renouvellement de la plupart de ses membres dont certains sont des transfuges de l’économie numérique comme le responsable des «ventes marketing et digitales» débauché chez Expedia.
L’autre grand changement concerne la création d’un poste de directeur des réseaux et des opérations, qui chapeaute les directions des pays et donc les banques de détail. Sa raison d’être est de «renforcer les résultats des franchises du groupe », alors que BBVA réalise, comme sa principale concurrente, Santander, plus de 80% de ses profits à l’étranger, avec une présence dans 31 pays regroupés en six zones. La fonction revient à Vicente Rodero, qui reste responsable de BBVA Bancomer, le pôle mexicain qui a contribué à hauteur de 44% au résultat du premier trimestre, un bénéfice de 1,54 milliard d’euros plus que doublé sur un an.
Reste à savoir si Carlos Torres va convaincre les investisseurs, auxquels il a expliqué que BBVA s’adaptait au déclin des transactions en agence et à la croissance exponentielle des transactions digitales, pour délivrer de la performance. Le titre perdait 2,38% à la clôture mardi.
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