Barclays vend son pôle de gestion de fortune hérité de Lehman Brothers
Stifel poursuit ses investissements stratégiques ciblés. La banque d’investissement américaine, qui a dépensé plus d’un milliard de dollars en une trentaine d’opérations depuis l’arrivée à sa tête de Ron Kruszewski en 1997, a annoncé ce lundi qu’elle allait reprendre la division de gestion de fortune américaine de Barclays. Le rachat de la structure, constituée principalement à partir de l’ancienne branche de courtage de Lehman Brothers acquise fin 2008, devrait être bouclé d’ici à novembre, sous réserve des autorisations réglementaires.
Cette opération, dont le montant n’a pas été communiqué, comprend en outre un accord complémentaire portant sur la distribution exclusive de titres financiers issus des levées de fonds dirigées par Barclays aux Etats-Unis. Autre point clé pour le patron de Stifel, la banque sise à Saint-Louis, dans le Missouri, devra réussir à conserver les 180 conseillers financiers de la division, qui gèrent depuis New York et onze autres villes américaines quelque 56 milliards de dollars (50 milliards d’euros) d’actifs.
Lors d’une conférence de présentation, Ron Kruszewski a souligné que les actifs de Barclays seraient immédiatement relutifs et apporteraient, suivant le nombre de conseillers conservés, entre 200 et 325 millions de dollars aux revenus de Stifel, qui se sont établis à 2,2 milliards en 2014. «Nous estimons avoir proposé des primes de rétention intéressantes», a commenté Ron Kruszewski, ajoutant qu’une «majorité significative» de conseillers financiers avaient déjà manifesté leur souhait de rester.
Barclays a de son côté salué un «bon résultat» tout en précisant que l’opération aurait un «impact minimal» sur ses comptes. «Nous sommes heureux d’avoir trouvé un repreneur qui s’engage à développer la franchise sur le long terme», souligne dans un communiqué Akshaya Bhargava, le patron mondial de la gestion d’actifs et de fortune de la banque, dont la réputation avait été ternie en septembre dernier par une amende de la SEC.
En septembre dernier, le gendarme boursier avait imposé une pénalité de 15 millions de dollars à Barclays pour avoir «infligé à ses clients de nombreuses pratiques inconvenantes et des déclarations inexactes». Liés à des contrôles de conformité défaillant, des chiffrages d’actifs sous gestion surévalués avaient notamment entraîné un préjudice de 3,5 millions de dollars pour les clients de Barclays.
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