Barclays s’interroge sur la bonne taille de sa banque d’investissement
Les litiges n’en finissent pas de peser sur le bilan des banques. Dernière en date, Barclays a annoncé hier avoir mis de côté 750 millions de livres (1 milliard d’euros) supplémentaires au dernier trimestre 2014 pour faire face aux accusations de malversations sur le marché des changes dont elle fait l’objet. Au total, les provisions passées sur ce dossier se montent à 1,25 milliard de livres.
La banque a également passé une provision supplémentaire de 200 millions de livres pour couvrir les coûts liés aux malversations sur les assurances emprunteurs (PPI). Barclays a enfin indiqué fournir des informations au département de la justice américaine sur l’enquête en cours sur les métaux précieux.
«Nous n’ajouterons pas plus de dossiers que nous n’en avons en négociations à l’heure actuelle» a indiqué Tushar Morzaria, directeur financier de Barclays. Dans l’intervalle, ces litiges ont fait plonger les résultats : Barclays a réalisé une perte nette de 174 millions de livres (239 millions d’euros) en 2014, contre un bénéfice net de 540 millions en 2013. Mauvaise élève, la banque d’investissement a enregistré une réduction de près d’un tiers (32%) de ses bénéfices imposables à 1,38 milliard de livres. L’unité a cependant largement participé à l’effort de réduction des coûts entamé dans le cadre du Plan Transform: 2.100 postes ont été supprimés dans cette division en 2014 et l’enveloppe de bonus a été revue à la baisse de 24% sur une année.
Avec un RoE de 2,7%, la BFI est cependant très loin de l’objectif de 12% fixé par la banque à l’horizon 2016. «Je ne suis pas quelqu’un de patient, a martelé hier Antony Jenkins, directeur général du groupe. Nous attendons de toutes les activités qu’elles délivrent les objectifs de RoE fixés. Nous n’hésiterons pas à poursuivre l’optimisation du capital alloué au pôle d’investissement, la base de coûts et les recettes afin de générer ces rendements».
La banque, qui a réduit l’année dernière ses coûts d’exploitation de 9%, est parvenue à améliorer son ratio de levier à 3,7%, se rapprochant ainsi de son objectif de 4% et plus d’ici à 2016. Son ratio de solvabilité CET 1 a progressé à 10,3%, l’objectif étant de dépasser les 11% d’ici à deux ans. C’est d’ailleurs à l’aune de ces progrès qu’Antony Jenkins a justifié son bonus de 1,1 million de livres, le premier depuis son arrivée à la tête du groupe en 2012. Ainsi, la rémunération totale du dirigeant s’est élevée à 5,5 millions de livres l’an dernier.
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