Barclays perd gros dans ses produits structurés
Barclays a annoncé, lundi, s’attendre à une perte de 450 millions de livres (538 milliards d’euros) du fait d’une erreur dans ses émissions de produits structurés aux Etats-Unis. En conséquence, la banque britannique a décalé au deuxième trimestre 2022 le lancement d’un programme de rachats d’actions d’un milliard de livres annoncé le 23 février 2022, après des résultats record.
Barclays émet des produits structurés aux Etats-Unis via une de ses filiales, Barclays Bank. Or, la banque a constaté que les titres vendus en vertu de sa déclaration d’enregistrement en attente aux Etats-Unis pendant une période d’environ un an dépassaient le montant enregistré. Le communiqué publié par Barclays précise qu’en août 2019 elle avait enregistré un montant maximum pour ses titres de 20,8 milliards de dollars et avait dépassé ce montant d’environ 15,2 milliards de dollars.
Cet excédent de titre émis donne à certains acheteurs un droit de résiliation, qui oblige la banque à les racheter à leur prix d’achat initial. Sur la base des prix de marché de ces produits structurés et du nombre estimé d’acheteurs potentiellement éligibles au rachat, Barclays estime «les pertes de résiliation (nettes d’impôts) à environ 450 millions de livres sterling», selon son communiqué.
En prenant en compte ces rachats, le ratio de fonds propres durs (CET1) de Barclays et de ses filiales consolidées se situe au milieu de la fourchette cible de 13-14 % au 31 mars 2022. «Cela reflète une réduction d’environ 14 points de base due à la perte estimée, et une nouvelle réduction d’environ 15 points de base en raison d’une augmentation des actifs pondérés par le risque, liée à des accords de couverture à court terme conçus pour gérer les risques qui découlent de l’offre de résiliation», précise la banque.
Celle-ci a diligenté une enquête indépendante sur les faits et circonstances relatifs à cette affaire, «y compris, entre autres, l’environnement de contrôle lié à ces émissions», a-t-elle déclaré.
Barclays a clôturé en baisse de 2,3% à la Bourse de Londres, dans un marché britannique en recul de 0,15%. Si cette affaire ne met pas la banque en danger financièrement, elle pèse sur sa réputation et sur la confiance que les investisseurs pouvaient avoir dans ses processus de contrôle. Et elle s’ajoute à d’autres affaires. En novembre 2021, la banque avait remanié son équipe de direction après la démission de son directeur général, Jes Staley, à cause d’une enquête sur ses relations avec Jeffrey Epstein.
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