Barclays est tentée de sortir d’Afrique pour soigner sa solvabilité
La présentation ce matin des premiers résultats de Barclays depuis l’arrivée de son nouveau directeur général Jes Staley sera attentivement suivie par les analystes. Outre des ajustements attendus dans la restructuration de la BFI, ainsi que des précisions sur l’évolution des coûts, ce dernier doit également apporter des éclaircissements sur l’avenir des opérations africaines du groupe. Barclays pourrait notamment se défaire de ses 62,3% dans Barclays Africa Group, son ex-filiale sud-africaine Absa.
« La vente constituerait un virage [stratégique] surprenant après les propos tenus lors des résultats du deuxième trimestre 2015 par [le président] John McFarlane selon lesquels Barclays préférerait augmenter plutôt que réduire sa participation », notent les experts de Citigroup. Entretemps, la situation de l’économie sud-africaine, qui représente 80% des profits de Barclays Africa Group, s’est néanmoins fortement dégradée. Cotée à Johannesbourg, la filiale est encore valorisée 1,5 fois son actif net, soit 3,5 milliards de livres.
Issue en 2013 du rapprochement entre Absa, alors détenue à 55%, et ses autres succursales africaines (Botswana, Ghana, Kenya, Maurice, Ouganda, Seychelles, Tanzanie, Zambie), Barclays Africa Group représentait à fin septembre environ 11% des actifs pondérés du risque (RWA, hors actifs gérés en extinction) du groupe britannique. « Une vente avec une décote de 15% par rapport aux prix de marché gonflerait le ratio CET1 de Barclays de 100 points de base », estime BNP Paribas.
Outre le renforcement du bilan de Barclays, qui affichait un ratio CET1 de 11,1% à fin septembre, cette opération permettrait au groupe de céder un actif dont le ROE de 9,7% est en retrait de ceux de la banque commerciale britannique (14,4%) et de son activité de crédit Barclaycard (22,5%). Les performances de l’entité, qui sont lourdement pénalisées par la baisse du rand sud-africain ces derniers trimestres, demeurent néanmoins supérieures à celle de la BFI, dont le ROE s’établit à 5,2%.
« Si Barclays emprunte effectivement la voie de la cession de sa participation africaine pour résoudre ses problèmes de capitaux, alors cela pose la question de l’évolution de la BFI », estime Nomura. « Nous n’allons probablement pas observer la réduction de 25 milliards de livres des RWA que nous anticipions mais plutôt une baisse de l’ordre de 15 milliards, en grande partie déjà exécutée », estiment-ils.
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