Banque PSA tente de rassurer les investisseurs sur son financement
Banque PSA est la victime collatérale des problèmes de sa maison-mère. S&P a dégradé mercredi d’un cran, à BBB-/A-3, les notes de crédit à court et long terme de la captive, placées sous perspective négative, dans la foulée de la dégradation du constructeur. Fitch et Moody’s s’en abstiennent encore, mais ont aussi dégradé le groupe PSA après la publication de ses résultats, à BB et Ba2.
La banque, toujours notée au-dessus de sa maison-mère et à la limite de la catégorie spéculative, est donc sous la menace de nouvelles dégradations. Cela «pèsera significativement sur les frais de financement de la captive qui reste la vache à lait du groupe», souligne CM CIC. «Il est difficile d’imaginer que la captive puisse continuer à émettre autant de billets de trésorerie (885 millions d’euros d’encours fin 2011, via la Sofira) et de certificats de dépôts (2,67 milliards d’encours fin 2011)», relevaient déjà les analystes crédit de Natixis le 17 juillet, anticipant la dégradation à A-3 des notes court terme. La banque utilise ces ressources courtes afin de prêter à 1 ou 2 mois aux concessionnaires pour l’achat de véhicules et de pièces détachées et pour leurs besoins de trésorerie.
Le groupe a tenté mercredi de rassurer les investisseurs, soulignant que Banque PSA a déjà couvert 90% de ses besoins en 2012. «Nous allons utiliser une proportion plus importante de titrisation et de prêts bancaires, en profitant aussi des nouvelles règles de la BCE en matière de collatéral», a expliqué Jean-Baptiste de Chatillon, le directeur financier de PSA Peugeot-Citroën. De 18% aujourd’hui, la part du refinancement de la captive par des asset-backed securities (ABS) passerait ainsi à 30%, certains portefeuilles pouvant désormais être apportés au guichet banque centrale.
Le constructeur exclut en revanche de céder sa pépite ou d’ouvrir son capital à une banque mieux notée. «Ce n’est pas une option à ce stade», a indiqué le directeur financier. En revanche, «les captives sont très importantes pour l’industrie et nous sommes confiants sur le fait que nous obtiendrions un soutien adéquat en cas de besoin», a poursuivi Jean-Baptiste de Chatillon. Une référence à des garanties d’Etat sur les émissions de la filiale, point qui fait cruellement défaut au plan de soutien à l’automobile annoncé mercredi par le gouvernement.
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