Bankinter se met en conformité avec les exigences de solvabilité en Espagne

La banque a émis mardi des obligations convertibles pour 406 millions d’euros, portant son ratio core tier one au-dessus du seuil de 8 %, à 8,2 %
Virginie Deneuville

Bankinter se met en conformité face aux nouvelles normes réglementaires imposées par la Banque d’Espagne. Alors qu’un ratio de fonds propres durs de 8% sera requis à compter de jeudi pour les banques nationales (en dehors de certaines caisses d’épargne soumises à un ratio minimum de 10%), la banque espagnole a lancé mardi une émission obligataire convertible d’un montant de 406 millions d’euros.

Cette opération permet à Bankinter, qui présentait l’un des plus faibles niveaux capitalistiques au sein des banques espagnoles cotées, de porter son ratio core tier one de 6,9% à 8,2%. «Cette recapitalisation était attendue. Les termes financiers se révèlent légèrement meilleurs qu’anticipé, concernant le coupon et le prix de conversion», estime le bureau d’études KBW. Le coupon s’élève à 7%, tandis que le prix de conversion varie entre 4,5 et 5,7 euros par action. «Bankinter a réagi rapidement pour faire face aux nouvelles obligations réglementaires. Cette opération aura toutefois un impact sur le résultat net en raison d’un coût de financement élevé, les rendements étant bien supérieurs à ceux payés par les banques espagnoles avant la crise grecque», relève un analyste.

Selon les estimations de KBW, l’émission aura «un effet dilutif de l’ordre de 13% sur les bénéfices par action 2011 et 2012 et sera neutre sur la valeur d’actif net par action». L’ensemble des obligations seront converties en actions à échéance, à savoir à horizon trois ans, a précisé mardi l’état-major de Bankinter, lors d’une rencontre avec la presse à Madrid.

La banque espagnole a indiqué parallèlement disposer d’actifs disponibles à la vente pour un montant de 1,1 milliard d’euros. En cas de cession de ces actifs, le ratio core tier one de Bankinter serait alors porté à 11,7%, a déclaré la banque, précisant qu’aucun désinvestissement n’était toutefois prévu pour le moment. «L’émission, par rapport à une cession d’actifs, préserve notre solvabilité et la croissance de nos résultats futurs», a souligné Maria Dolores Dancausa, directeur général de Bankinter.

Alors que le Crédit Agricole détient 20% de Bankinter, la banque française pourrait voir cette participation diluée en cas de non-participation à l’émission. Interrogé par L’Agefi, Crédit Agricole n’a pas souhaité faire de commentaire.

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