Bankia parvient à se délester de 800 millions d’euros de crédits douteux
Il n’y a pas que de mauvaises nouvelles du côté de Bankia. La banque espagnole qui a fait l’objet d’un sauvetage sans précédent en mai dernier, a annoncé mercredi la cession d’un portefeuille de crédits douteux d’une valeur nominale de 800 millions d’euros aux fonds Aktiv Kapital et Oko Investments. En mars dernier, l’établissement avait mis aux enchères un portefeuille d’environ «127.000 crédits d’une ancienneté moyenne de cinq ans», constitué à 80% de crédits aux particuliers, précise Bankia dans un communiqué.
Avec cette transaction baptisée Opération Hispania, Bankia se débarasse de crédits douteux sans garantie et cède au fonds d’investissement norvégien Aktiv Kapital les crédits à la consommation destinés aux particuliers et au fonds luxembourgeois Oko Investments les crédits aux petites et moyennes entreprises. Selon José Ignacio Atance, analyste du cabinet de conseil spécialisé dans le secteur financier Cumbria FSC, ces fonds «ont évalué via une due diligence des comptes leur perspective de récupération de ces crédits en utilisant des techniques plus aggressives et plus économiques» et ont ainsi établi un prix inférieur à ce qu’ils espèrent récupérer dans le futur. Mais pour le moment, on ne connait pas encore «ni les conditions ni le prix de vente» de cette opération, et donc la décote appliquée au portefeuille.
La vente se traduira malgré tout par un bénéfice pour Bankia, car «ces actifs sont complètement provisionnés contre les pertes». Avec cette opération, Bankia «améliore son ratio de solvabilité et nettoie son bilan d’actifs toxiques», souligne José Ignacio Atance.
Cette opération s’inscrit «dans le cadre d’un plan de cession d’actifs non stratégiques» par lequel la banque s’est fixé pour objectif de «réduire de moitié ces actifs (toxiques), pour les ramener à 30 milliards d’euros», précise le communiqué de Bankia. Le but est clair: croulant sous le poids d’actifs non productifs estimés à plus de 60 milliards d’euros, l’établissement cherche à assainir son bilan et à améliorer d’ici trois ans ses résultats, tel que l’avait annoncé son nouveau président Jose Ignacio Goirigolzarri lors de la dernière assemblée générale des actionnaires. Ce ne sera pas une tâche facile car l’établissement a annoncé en mai dernier des pertes d’un montant de 3,3 milliards d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
Le private equity français confirme un début d’année morose
Les investissements ont chuté de 67% au premier trimestre 2026. A 10,9 milliards d'euros, ils touchent leur plus bas niveaux depuis 2021. -
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
Les fonds cotés captent près de 38 milliards d’euros, dont deux tiers vers les ETF actions. La cote américaine en bénéficie, au détriment des valeurs européennes. -
SBI et State Street lancent une joint-venture pour transformer l’épargne japonaise
La nouvelle entité, majoritairement détenue par SBI, proposera des fonds à faibles coûts et des ETF concurrençant notamment le fonds eMAXIS Slim All Country, dont les frais sont inférieurs à 0,06 %.
ETF à la Une
BlackRock émet un nouvel ETF actif dédié à la dette des marchés émergents
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
Contenu de nos partenaires
-
Infrapolitique« La reconnaissance, remède et poison politique » – la chronique de Raphaël LLorca
Tout le monde veut être aujourd'hui reconnu pour ce qu'il fait ou pour ce qu'il est. Le philosophe et professeur de marketing Benoit Heilbrunn alerte sur le risque d'un « tapis roulant de la reconnaissance » : nous réclamerons toujours plus d'attention de nos responsables politiques -
Spectatrice« Projet Liberté » : l’Europe suspendue au sort incertain du détroit d’Ormuz
Affectée par le retour de l’inflation, les chancelleries européennes plaident pour une réouverture du couloir maritime à l'heure où Donald Trump lance une opération isolée -
Trois morts, dépistage... Ce que l'on sait sur le possible foyer de hantavirus sur un bateau de croisière
Trois passagers du navire de croisière MV Hondius sont décédés lors d'une traversée de l'Atlantique. L'OMS soupçonne un possible foyer de hantavirus, une maladie qui peut provoquer des détresses respiratoires et cardiaques