Bankia emprunte timidement la voie de la privatisation
L’Etat espagnol commence à récupérer une partie des 18 milliards d’euros (de source FMI) qu’il a engloutis dans le sauvetage de Bankia en 2012. Il a vendu le 28 février 7,5% du capital du quatrième établissement du pays à des investisseurs institutionnels pour la somme de 1,3 milliard d’euros, soit 1,51 euro par action. La valorisation obtenue – qui correspond à une décote de 4,4% par rapport au cours de clôture de jeudi – lui a permis de dégager une plus-value nette de 301 millions d’euros.
Le gouvernement était conseillé par Goldman Sachs sur l’ensemble de l’opération, tandis qu’UBS, Deutsche Bank et Morgan Stanley ont participé à la transaction de vendredi.
La décision de procéder à cette cession partielle résulte de l’amélioration de la situation financière de la banque. En 2013, celle-ci a réalisé un bénéfice net de 818 millions d’euros, alors qu’elle avait perdu 21,2 milliards en 2012. Le président de Bankia, Jose Ignacio Goirigolzarri, vise un rendement sur fonds propres de 10% dès l’année prochaine et pourrait dans ce cas à nouveau verser des dividendes.
Les investisseurs ont semble-t-il considéré que le groupe était à nouveau sur de bons rails. Le titre Bankia, avant de clore en baisse de 3,7% vendredi, s’était d’ailleurs apprécié de 28% depuis le début de l’année. Cela explique également le calendrier de l’opération.
Il y a moins de deux ans, l’accumulation d’impayés immobiliers dans les comptes de Bankia avait conduit le gouvernement à réclamer une enveloppe d’urgence de 100 milliards d’euros pour l’ensemble du secteur à la Commission européenne. Les investisseurs craignaient en effet que l’Etat ne soit pas capable d’assumer seul le sauvetage de la banque et de certaines caisses d’épargne – dont l’existence était également menacée. Sur la somme mise à sa disposition par Bruxelles, Madrid a au total utilisé 41 milliards d’euros.
L’Etat espagnol, à travers Banco Financiero y de Ahorros (BFA), la holding de tête de Bankia qu’il a nationalisée en 2012, contrôle toujours 60,9% de la banque. Le président de Bankia a précisé que le processus de privatisation prendrait au moins deux ans.
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