Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ transige à son tour pour des transactions illicites avec l’Iran
Benjamin M. Lawsky a encore frappé. Après Standard Chartered et son auditeur Deloitte, le superintendant du département des services financiers (DFS) de l’Etat de New York s’en prend à Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ (BTMU) pour des transactions illicites avec des pays sous embargo américain. La première banque japonaise s’engage à verser une amende de 250 millions de dollars (189 millions d’euros) et à mandater un consultant indépendant pour évaluer la mise en œuvre de mesures correctives. Elle soumettra également pour approbation au DFS des propositions écrites permettant d’améliorer les programmes de conformité au cadre BSA/AML (Bank Secrecy Act/Anti money laundering).
Selon l’ordonnance du DFS, BTMU a viré entre 2002 et 2007 plus de 100 milliards de dollars via son agence de New York pour le compte d’entités gouvernementales et privées basées en Iran, au Soudan ou encore au Myanmar. Des entités qui figuraient sur la liste «Specially designated Nationals List» (SDN) émise par l’OFAC (Office of Foreign Assets Control). Quelque 28.000 transactions frauduleuses ont été identifiées, lesquelles ont fait l’objet d’instructions écrites précises visant à masquer leur nature réelle.
«Dans le but d'éviter un gel des fonds», les employés étaient invités à «omettre» toute information pouvant permettre d'établir le fait que les transactions impliquaient «un pays ennemi», souligne le DFS dans un communiqué. Pour sa défense, BTMU rappelle dans un communiqué avoir identifié elle-même ces agissements en 2007 avant d’y mettre un terme, d’informer les régulateurs et de coopérer pleinement à l’enquête.
«Nous avons et nous continuerons à adopter une ligne dure dans l'éradication des fautes graves dans les banques qui menacent notre sécurité nationale», martèle Benjamin M. Lawsky. Il y a presque un an, Standard Chartered avait soldé avec le DFS des poursuites portant sur 250 milliards de dollars de transactions avec des clients iraniens moyennant un chèque de 340 millions d’euros.
Dans ce même dossier, Deloitte, jugé complaisant avec son client, vient d'écoper d’une pénalité de 10 millions de dollars. En décembre dernier, la banque britannique HSBC s'était résignée à régler une amende record de 1,92 milliard de dollars pour éteindre des soupçons de blanchiment d’argent.
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