Bank of Ireland essore ses créanciers juniors
Des décotes de 80 à 90% pour les créanciers subordonnés: le tarif devient habituel chez les banques irlandaises. Bank of Ireland a annoncé hier des offres de rachat ou d’échange sur 2,6 milliards d’euros de dettes tier 1 et tier 2 qui lui permettront de récolter une partie des 5,2 milliards d’euros de fonds propres que la banque centrale lui a ordonné de lever. Comme prévu dans le plan d’aide à l’Irlande signé par l’Union européenne et le FMI, les créanciers seniors ne sont pas concernés par ces opérations de gestion du bilan.
Bank of Ireland propose de racheter les titres tier 1 à 10% de leur valeur faciale, et les tier 2 à 20%, et fera l’impasse sur le paiement des intérêts courus. Des niveaux très inférieurs aux prix sur le marché secondaires: la ligne tier 2 d’échéance 2020 traitait par exemple à 52,5 centimes, et a plongé à 30 centimes pour un euro de nominal après l’annonce. Autre option possible: la banque propose d’échanger les titres contre des actions à un prix qu’elle promet supérieur à celui de l’offre en numéraire, et versera les intérêts courus. Mais l’investisseur se retrouvera actionnaire d’une penny stock avec comme perspective une nouvelle augmentation de capital dilutive si l’Etat doit encore renflouer la banque. L’action Bank of Ireland a chuté de près de 30% hier.
Les porteurs de dette n’ont guère le choix. Comme Anglo Irish Bank et Allied Irish Bank (AIB) récemment, la banque inclura dans la documentation de ces obligations une clause de rachat anticipé, à un prix dérisoire, des titres qui n’auraient pas été apportés à l’offre. Et Dublin menace de prendre «toutes les mesures nécessaires pour maximiser le partage du fardeau» si les résultats de l’opération ne permettent pas à Bank of Ireland de reconstituer ses fonds propres.
Deux autres prêteurs irlandais en cours de restructuration ont annoncé hier des mesures similaires. EBS Building Society, qui doit lever 1,5 milliard d’euros, va racheter jusqu’à 160 millions d’euros et 30 millions de livres d’instruments juniors. Irish Life & Permanent, en quête de 4 milliards, vise 840 millions d’euros de dettes subordonnées. Dans les deux cas, les décotes tournent autour de 80%. Le 11 mai, AIB avait annoncé des offres de rachat avec des décotes allant jusqu'à 90%.
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