Bank of America va intensifier le renforcement de ses fonds propres

La direction de l’établissement estime qu’elle dispose d’ «alternatives viables», dont la cession d’actifs en Inde
Antoine Duroyon

Brian Moynihan, le PDG de Bank of America (BoA) s’est assigné une mission: éviter à tout prix que la deuxième banque américaine ne se retrouve marginalisée en raison d’une base de fonds propres insuffisante. Pour contrer un tel scénario, la direction de l’établissement étudie plusieurs «alternatives viables» destinées à lui redonner de l’assurance, a confié à Reuters une source proche du groupe.

Parmi ces options, les cessions d’activités de traitement de données en Inde, de participations dans l’immobilier ou d’investissements dans le non coté tiennent la corde. Mais après un délestage d’actifs déjà évalué à 50 milliards de dollars depuis juin 2010 et un besoin en fonds propres additionnels chiffré à 45 milliards de dollars d’ici à 2019, BoA pourrait se voir dans l’obligation de se montrer plus tranchante.

Cela pourrait se traduire par la mise sur le marché d’actifs plus conséquents, tels que des pans de la banque d’investissement ou le courtage de Merrill Lynch. La banque pourrait également renforcer ses fonds propres en retenant ses bénéfices et en liquidant ses prêts à risque.

Lors d’une récente conférence destinée aux investisseurs, Brian Moynihan a indiqué que BoA continuerait à «poursuivre la croissance de fonds propres de qualité» et à «évacuer des actifs non stratégiques».

«Ils actionnent tous les leviers qu’ils peuvent mais cela prend du temps pour y voir clair», estime Marty Mosby, analyste chez Guggenheim Partners. Ce dernier estime qu’il faudrait quatre ans à la banque pour réunir, via ses bénéfices, les 45 milliards de dollars indispensables au respect des nouvelles règles de solvabilité prévues pour 2019.

Dans une note du 20 décembre, les analystes de CreditSights estiment que la surcharge systémique imposée par la Réserve fédérale pourrait se monter pour BoA à environ 200 points de base, au même rang que Goldman Sachs et Morgan Stanley.

La Fed doit lancer le mois prochain une nouvelle mouture de tests de résistance afin de déterminer si les grands établissements peuvent se montrer plus généreux envers leurs actionnaires. En mars dernier, le régulateur avait refusé à BoA le droit de relever son dividende trimestriel d’un cent par action. L’action BoA a chuté d’environ 58% depuis le début de l’année, contre un repli de 23,5% pour l’indice sectoriel KBW Bank.

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