Bank of America solde le risque des subprimes
A l’instar de JPMorgan et Wells Fargo, Bank of America (BoA) a profité de la forte baisse de ses provisions pour créances douteuses et litigieuses (CDL) en 2013. Mais elle a été moins affectée par les litiges que JPMorgan, ce qui lui permet d’afficher des comptes en forte hausse par rapport à 2012.
En effet, BoA a considérablement réduit ses provisions pour CDL au dernier trimestre: elles atteignent 336 millions de dollars, contre 2,2 milliards un an plus tôt. Elles ont bénéficié d’une reprise de provisions de 1,2 milliard.
Les investisseurs ont vu dans ces éléments le signe que la banque avait durablement éloigné le spectre des prêts hypothécaires subprimes, hérités du rachat de Countrywide en 2008. L’année dernière, le résultat de BoA avait été réduit de cinq milliards de dollars en raison de charges liées aux crédits immobiliers. Le titre s’est adjugé 2,27% en fin de séance, à 17,15 dollars.
En conséquence, le résultat net de l’établissement a été multiplié par 4,7 au quatrième trimestre (à 3,44 milliards de dollars) et par 2,7 pour l’exercice 2013 (à 11,4 milliards). Ces montants excèdent les prévisions des analystes, qui avaient en moyenne anticipé un bénéfice respectif de 3,14 et 10,4 milliards, selon le consensus Bloomberg relevé en début de semaine.
Si BoA n’est pas immunisée contre le risque juridique relatif aux multiples procédures menées contre les banques par les autorités américaines et européennes, elle est moins affectée que sa rivale JPMorgan. Le coût des procédures a été porté à 2,3 milliards de dollars, contre 1,1 milliard au trimestre précédent et 916 millions un an plus tôt. La banque avait dû également passer une charge de 1,1 milliard au dernier trimestre 2012, relative au programme de résolution des saisies immobilières – qui ne s’est pas répété en 2013.
En dehors de ces éléments exceptionnels, BoA montre des signes de redressement de son activité. Si à l’instar de ses rivales, la production primaire de crédits hypothécaire (-46% au dernier trimestre) souffre de la chute de la demande, ses activités de banque d’investissement ont profité du redressement des marchés. Ses commissions ont atteint 1,7 milliard de dollars, progressant de 34% par rapport au troisième trimestre et de 9% en un an. Le revenu du trading actions a augmenté de 27% (à 904 millions) et celui du trading obligataire de 16% (à 2,1 milliards). De même, le pôle gestion de fortune a dégagé un bénéfice net record de 777 millions (+35%).
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