Bank of America serre les coûts pour rester dans la course
Comme ses compatriotes, Bank of America a dépassé les attentes au deuxième trimestre. Le groupe de Charlotte a publié hier un résultat net en hausse de 63%, à 4,01 milliards de dollars (3 milliards d’euros). Si son produit net bancaire a progressé de 3% sur un an, à 22,95 milliards de dollars, il a surtout réduit ses provisions sur créances douteuses (-32%) et ses dépenses.
Ses coûts ont diminué d’un milliard d’euros d’une année sur l’autre, à 16 milliards de dollars. Bank of America vise au total 8 milliards d’économies annuelles d’ici à fin 2014. Outre la division par deux des frais de litiges, les efforts du deuxième trimestre ont porté sur la division des actifs gérés en extinction et sur les frais de personnel. Le groupe compte 257.000 salariés, 6,6% de moins qu’il y a un an. La bad bank interne a perdu à elle seule 10.000 salariés mais en mobilise encore 31.000. Les objectifs de cette division ont été relevés. A fin 2013, ses dépenses courantes devraient passer sous la barre des 2 milliards de dollars par trimestre, contre 2,1 milliards escomptés auparavant, et le nombre de prêts litigieux d’une durée de plus de 60 jours devrait être inférieur à 375.000 (contre 400.000).
La bonne santé des divisions opérationnelles a aussi permis d’améliorer les résultats. Depuis la reprise en main du groupe par Brian Moynihan en 2010, Bank of America n’avait connu que quatre trimestres en progression. Celui-ci a été marqué par le bond des commissions de la banque d’investissement (+36%) et des revenus du courtage actions (+53%) qui ont contrebalancé la moindre performance des taux et changes dans l’attente des annonces de la Fed sur sa politique monétaire. La banque commerciale et la gestion d’actifs se sont également bien tenues, avec des résultats en hausse malgré une légère érosion de ses revenus.
Le pôle immobilier a en revanche creusé ses pertes, passées de 744 millions à 937 millions de dollars. Au premier trimestre, elles avaient même atteint 2,16 milliards de dollars. Bank of America n’en espère pas moins reconquérir du terrain, alors que les leaders Wells Fargo et JPMorgan prédisent une baisse de la demande après la hausse des taux d’intérêt. Devenu numéro un des prêts immobiliers américains en 2008 après l’acquisition -malheureuse- de Countrywide, Bank of America a depuis été rétrogradée à la quatrième position.
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