Bank of America paye 11,6 milliards pour solder son litige avec Fannie Mae
Après avoir transigé l’année dernière avec la justice sur les conditions de l’acquisition de Merrill Lynch en 2008, Bank of America (BoA) a trouvé un accord avec Fannie Mae, l’une des deux principales agences américaines de refinancement de crédits hypothécaires. Ce conflit de longue haleine concerne des créances subprimes accordées par Countrywide Financial – un établissement très actif dans les prêts immobiliers que BoA a, pour son malheur, acquis en 2008 – et vendues à Fannie Mae entre le 1er janvier 2000 et le 31 décembre 2008. Des créances qui ont depuis fait défaut ou en sont proches.
Selon l’accord dévoilé par les deux protagonistes, BoA va verser 3,55 milliards de dollars comptant en compensation de créances ayant fait défaut et dont Fannie Mae réclame le remboursement. En outre, la banque va racheter à l’agence environ 30.000 créances susceptibles de provoquer des pertes: le montant de ce rachat atteint 6,75 milliards de dollars.
Enfin, BoA va payer 1,3 milliard de dollars pour compenser les frais causés par les retards dans le traitement des défauts de paiement ou des saisies au cours des quatre années qu’ont duré les négociations. Si la majeure partie de ces 11,6 milliards a déjà été provisionnée dans les comptes de BoA, l’accord nécessitera malgré tout le passage de provisions supplémentaires pour un montant de 2,76 milliards de dollars au quatrième trimestre 2012, qui affecteront d’autant son bénéfice avant impôt: 2,5 milliards au titre du paiement comptant et du rachat de créances, ainsi que 260 millions au titre de la compensation pour frais. Malgré tout, la banque indique qu’elle restera «modestement» bénéficiaire au quatrième trimestre – une bonne surprise pour les analystes.
L’accord n’exonère pas totalement BoA de toute responsabilité à venir à l’égard de Fannie Mae concernant les créances hypothécaires non visées par le groupe. Mais il lui permet de tourner une page importante dans le règlement des nombreux litiges relatifs aux subprimes, qui lui ont empoisonné l’existence après l’éclatement de la bulle financière en 2007.
Jusqu’au présent accord, les crédits hypothécaires et les saisies avaient déjà obligé l’établissement à mobiliser plus de 40 milliards de dollars. Avec cet accord, BoA indique avoir réduit son exposition au risque de rachat de créances de 6 à 4 milliards de dollars au 31 décembre 2012.
Plus d'articles du même thème
-
Les dépréciations de goodwill du CAC 40 restent rares
En 2025, les entreprises de l’indice ont seulement enregistré 1,3 milliard d’euros de dépréciations, un niveau qui reste très bas. Le montant de goodwill poursuit sa légère décrue à 440 milliards d’euros. -
Continental parachève son recentrage sur les pneumatiques
L’équipementier automobile allemand a signé un accord avec Lone Star en vue de lui céder sa filiale ContiTech pour un montant plancher de 4 milliards d’euros. -
EasyJet accepte de se faire racheter par Castlelake
La compagnie avait rejeté l’offre du fonds d’investissement à quatre reprises. La dernière proposition, à 5,5 milliards de livres, a finalement été acceptée.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les actions coréennes approchent du bear market
Contenu de nos partenaires
-
Je t'aime, moi non plusProcès Le Pen : Entre juges et politiques, un divorce déjà consommé
Les magistrats de la Cour d’appel de Paris sont sous forte pression tant leur décision changera le cours de l’élection présidentielle. Fragilisée par le scandale Lyhanna, la justice risque d'être sous le feu des critiques jusqu'en 2027 -
L'envie d'avoir envie« Le combat d’un père » : Edouard Philippe se lâche et se lance
Le candidat Horizons à la présidentielle promet des « efforts partagés » pour préparer « la France de nos enfants » -
EditoLe pied-de-nez de l’Iran à l’Amérique
Embourbé dans un conflit dont il ne voit pas l’issue, Donald Trump est là où il ne voulait pas être. Tout l’inverse de l'Iran, qui est là où l’Amérique, ne voulait pas qu’elle soit : conforté dans un rôle d’acteur régional incontournable