Bank of America et Citi paient l’héritage de la bulle immobilière
L’immobilier américain produit des effets contrastés sur les comptes de Bank of America et Citigroup. Côté débit, comme elles l’avaient annoncé, les deux banques ont encore supporté le poids au quatrième trimestre des charges exceptionnelles destinées à nettoyer les excès de la bulle et notamment du subprime. Côté crédit, le redressement du marché immobilier aux Etats-Unis, à partir de très bas niveaux, qui s’est amorcé en 2012, a des effets positif sur l’activité des deux banques.
A l’occasion de la première publication de résultats depuis l’entrée en fonction de son nouveau directeur général Michael Corbat, Citigroup a annoncé au titre du quatrième trimestre un bénéfice net en hausse à 1,2 milliard de dollars (900 millions d’euros), soit 38 cents par action.
Ce résultat net est en hausse par rapport à celui de 956 millions de dollars enregistré sur les trois derniers mois de 2011, grâce notamment à un rebond des revenus tirés des activités obligataires. Mais il s’avère nettement en deçà des attentes des analystes financiers, ce qui a entraîné des prises de bénéfices sur le titre. Les comptes ont été grevés par des charges liées à des poursuites judiciaires (1,29 milliard de dollars) et au plan de licenciements qu’a engagé la banque (1,03 milliard). Sans doute tenté de charger la barque des comptes 2012, Michael Corbat a aussi procédé à beaucoup moins de reprises de dotation aux provisions (loan loss reserve), un élément qui a permis aux banques américaines de gonfler leurs résultats ces derniers trimestres.
Bank of America, de son côté, avait annoncé, le 7 janvier, que ses résultats seraient affectés par une longue série d'éléments exceptionnels, dont plus de 5 milliards de dollars de charges liées à sa gestion des crédits immobiliers. Son bénéfice trimestriel du quatrième trimestre est tombé à 700 millions de dollars, une déception qui a là aussi pesé sur l’action en Bourse.
Mais la deuxième banque américaine a été soutenue par une reprise de l’activité de prêts hypothécaire au cours du trimestre, en hausse de 42% sur un an. De même, la banque a commencé le trimestre dernier à réduire les effectifs de sa filiale chargée de la gestion des prêts hypothécaires, signe d’une sortie progressive de la crise.
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