Bank of America accuse à son tour une contraction de ses marges
Affligée par le lourd héritage de la crise immobilière, Bank of America (BoA) est néanmoins parvenue à afficher des résultats en hausse au troisième trimestre. Mais ses comptes ont été dopés par des éléments exceptionnels.
La banque américaine, à l’instar de ses concurrentes Wells Fargo et JPMorgan, a vu sa marge nette d’intérêt se contracter au cours de la période, à 2,32% contre 2,5% au trimestre précédent et 2,72% un an plus tôt. Les revenus nets d’intérêts ont également reculé, passant de 12,7 milliards à 10,7 milliards sur un an. La baisse de ces revenus s’explique essentiellement par deux éléments: «l’inefficacité des couvertures d’actifs pour 400 millions de dollars et l’accélération des amortissements de primes sur valeurs mobilières pour 500 millions due à des attentes de remboursements anticipés plus rapides sur des produits hypothécaires», précise Bruce Thompson, le directeur financier de BoA.
La banque souligne que, sans ces éléments qu’elle considère exceptionnels, ses revenus nets d’intérêts auraient progressé, notamment du fait d’une moindre rémunération des dépôts. Pour le quatrième trimestre et si les taux se maintiennent aux niveaux actuels, BoA s’attend à ce que ses revenus nets d’intérêts se rapprochent de ceux du deuxième trimestre, soit 11,2 milliards.
Les produits hors intérêts ont en revanche progressé de 26%, gonflés par un gain de 4,5 milliards de dollars issus d’ajustements comptables du passif et par une plus-value de 3,6 milliards sur la cession de titres de China Construction Bank. Ces éléments exceptionnels ont ainsi permis à BoA de faire croître ses revenus totaux de 6% à 28,7 milliards.
La qualité des créances s’est améliorée, indique la banque, notamment dans les cartes de crédit et les prêts commerciaux. Ses provisions pour pertes ont ainsi été ramenées à 3,4 milliards contre 5,4 milliards un an plus tôt. Mais sa division de crédits hypothécaires continue de peser puisqu’elle affiche encore une perte de 1,1 milliard, néanmoins nettement inférieur à celle de 14 milliards au deuxième trimestre.
Dans l’ensemble, le bénéfice net de BoA ressort à 6,2 milliards de dollars mais profite surtout d’éléments exceptionnels contribuant à hauteur de 9,8 milliards au résultat avant impôt. En 2010, elle avait accusé une perte de 7,3 milliards, principalement en raison d’une charge de dépréciation de survaleur de 10,4 milliards.
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