Banco Sabadell répond à la nouvelle donne bancaire en Espagne
Banco Sabadell prend le taureau par les cornes. La banque espagnole a procédé hier à une augmentation de capital accélérée qui lui a permis de lever 411 millions d’euros. A 3,25 euros, les titres ont été placés avec une décote de 6,9% par rapport au cours de clôture de lundi soir (3,49 euros), et à 90% auprès d’investisseurs internationaux. L’établissement a plutôt limité la casse: avant l’opération, les analystes de JPMorgan Cazenove anticipaient une décote de l’ordre de 10%. «L’opération donne l’occasion aux investisseurs qui étaient vendeurs à découvert de fermer leurs positions», estime Citigroup.
Le produit de l’émission va permettre à Sabadell de racheter quatre lignes de dette préférentielles et subordonnées, d’un montant nominal proche de 1,5 milliard d’euros. Les prix proposés oscillent entre 78% et 90% du pair selon les lignes. Ce qui permettrait à la banque, en cas d’acceptation de l’offre par 100% des porteurs, de réaliser un gain maximum de 158 millions d’euros après impôt, calcule JPMorgan Cazenove.
L’établissement catalan a mis toutes les chances de son côté: les papiers traitent aujourd’hui entre 62% et 81% du pair selon les lignes, rappellent les analystes crédit de Bank of America Merrill Lynch. Pour ces derniers, «les investisseurs seront tentés d’apporter à l’offre».
Les deux opérations conjointes, qui s’apparentent à l’échange de dette contre actions que vient de réaliser Commerzbank, devraient permettre à Sabadell de porter son ratio de fonds propres durs (core tier one) de 8,2% à 8,88% sous les normes Bâle 2.
Le groupe a donc réagi vite aux injonctions du gouvernement espagnol. Madrid a décidé la semaine dernière d’imposer aux banques un ratio de fonds propres durs de 8% en définition Bâle 3, plus restrictive, dès fin 2011. Avec «un niveau estimé des déductions liées au passage à Bâle 3 de 50 points de base et des perspectives bénéficiaires encore difficiles cette année (potentiel de mises en réserve limité)», Sabadell «se retrouvait ainsi en position délicate par rapport à l’objectif de 8% d’ici à fin 2011», relèvent les analystes actions de Raymond James. Compte tenu des pressions à venir – marges en baisse, pertes sur l’immobilier –, la banque pourrait encore devoir lever du capital. JPMorgan a évalué ses besoins totaux à 1,5 milliard, dans un scénario de stress.
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