Banco Espirito Santo prépare une augmentation de capital

Crédit Agricole SA détient 10,8 % du capital de l'établissement portugais, qui va lancer une offre d'échange de dette en actions
Antoine Landrot

Si Banco Espirito Santo (BES) n’est pas une banque qui pèse sur le marché français, l’augmentation de capital qu’elle a annoncée hier concerne néanmoins au premier chef le Crédit Agricole. En effet, CASA, la structure cotée de la banque verte, détient 10,8% du capital et 23,8% des droits de vote du troisième établissement portugais.

Ce dernier a convoqué une assemblée générale extraordinaire des actionnaires le 11 novembre. Parmi les sujets soumis au vote, sera discuté celui d’une augmentation de capital de 791 millions d’euros, réalisée au moyen d’une offre d’échange en actions d’une partie de sa dette. «Cette transaction pourrait produire un effet positif de 147 points de base sur le ratio core tier 1, rapporté aux actifs pondérés de 66,4 milliards d’euros au 30 juin 2011», explique BES dans son communiqué.

Concrètement, l’établissement entend porter son ratio de fonds propres durs réglementaires au dessus des 9% exigés par la Banque du Portugal à la fin de l’année. Son core tier 1 atteignait 8,2% en avril après la cession de sa participation dans le groupe brésilien Banco Bradesco et a encore dû progresser avec la vente de ses parts dans le danois Saxo Bank fin août. A l’issu de l’échange, le ratio pourrait donc dépasser les 9,67%.

CASA, qui n’a pas souhaité répondre à L’Agefi et qui publiera ses comptes trimestriels le 10 novembre, va devoir se positionner sur une dilution éventuelle. Il reste à savoir si celle-ci produirait un effet comptable, comme cela avait été le cas pour Wendel au moment de l’augmentation de capital de Saint-Gobain il y a deux ans: l’augmentation de capital du groupe de matériaux de construction, à laquelle la société d’investissement cotée n’avait pas participé, avait contribué à une perte de dilution de 742 millions d’euros liée à cet actif et enregistrée au premier semestre 2009.

«Une dilution n’affaiblit pas nécessairement la valeur des titres. La participation est proportionnellement moindre, mais dans une société dont le capital est renforcé, souligne un analyste. En outre, la participation dans BES n’est pas comptabilisée en valeur de marché, puisqu’elle est considérée comme stratégique. Néanmoins, CASA peut décider d’elle-même de procéder à une dépréciation, comme elle l’a fait pour Intesa.» Au 31 décembre 2010, la valeur nette comptable des titres BES atteint 631 millions d’euros.

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