Axa se résigne au faible potentiel de l’Europe centrale

Le départ de Hongrie et de Roumanie confirme que les activités héritées de Winterthur dans cette zone n’ont pas répondu aux espoirs d’Axa
Antoine Landrot

En l’espace d’un mois, Axa a quitté deux marchés de l’assurance en Europe centrale. Fin novembre, le groupe cédait ses activités vie, épargne et retraite en Roumanie à Astra Asigurari, l’un des leaders locaux du secteur. Le 23 décembre, il a annoncé la vente de ces mêmes activités en Hongrie, à Vienna Insurance Group –mais conserve Axa Bank. Ces décisions s’ajoutent à l’arrêt de son activité bancaire en République tchèque et en Slovaquie en juin.

Ce désengagement n’est peut-être pas le prélude à un départ total de la zone. Il témoigne cependant des priorités du groupe, édictées dans son plan «Ambition 2015»: l’Asie, le Moyen-Orient et certains pays d’Amérique latine. «L’Europe centrale est un marché difficile, qui ne se distingue pas dans le cadre de la stratégie mondiale d’Axa. En outre, le groupe n’avait pas d’avantages compétitifs dans ces pays: pas de taille suffisante pour diriger le marché, ni de présence significative dans des niches d’avenir», explique un porte-parole.

A titre d’exemple, le groupe n’occupait au 30 septembre que le 13e rang du marché hongrois en vie-épargne, avec 31 millions d’euros de primes. Il a même reculé de trois places par rapport à son classement en 2011. En IARD, sa position se situe au-delà du 15e rang (18e en 2011). Signe probable que ni la filiale ni le marché n’ont tenu leurs promesses, la vente entraînera une moins-value exceptionnelle de 40 millions d’euros, qui pèsera sur le résultat net d’Axa pour l’exercice 2013. En Roumanie, le montant des primes a peu évolué entre 2008 et 2012, se situant entre 10 et 12 millions d’euros. Restent la République tchèque, la Slovaquie et la Pologne où, dans l’assurance, ses positions sont un peu meilleures.

L’aventure en Europe centrale reste donc une désillusion pour Axa. Ses activités d’assureur dans la zone proviennent de l’acquisition de l’assureur suisse Winterthur en 2006. Si elles n’étaient pas la raison principale pour laquelle Axa avait pris le contrôle de son concurrent helvétique, il s’était donné les moyens d’en faire quelque chose en rachetant les intérêts minoritaires de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) dans ces filiales en 2009. Le plan Ambition 2012 prévoyait de faire entrer Axa dans le top 5 de la protection financière dans tous les pays de la zone. Depuis, le groupe s’est déjà tourné vers d’autres horizons, en investissant cette année en Colombie, au Brésil et en Chine.

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