Axa France veut innover en matière d’UC et de fonds euros
Face à un scénario de taux restant durablement bas, Axa France se prépare. « Nous ne pourrons pas continuer à offrir des fonds euros au rendement attractif et sécurisé, même si le fonds euros restera un pivot de l’assurance vie. Nous avons encore une dizaine d’années devant nous », a affirmé Jacques de Peretti, PDG d’Axa France, au cours d’une conférence de presse, jeudi 5 mars. L’ancien patron d’Axa Japon connait bien la situation des assureurs japonais qui font face à des taux plancher depuis 18 ans.
Axa France a déjà fortement orienté ses clients vers les contrats en unités de comptes. Les UC ont représenté 38% des nouveaux contrats en assurance-vie en 2019 contre une moyenne de 27% pour le marché. L’encours de l’assurance vie et épargne retraite individuelle affiche un total de 100 milliards d’euros dont 30 milliards en UC. Les clients Axa ont alloué leurs unités de compte à 30% vers les actions, 30% les fonds flexibles, 15% l’immobilier, 10% les obligations et 7,5% les fonds structurés.
L’assureur veut continuer dans le sens de cette diversification et réfléchit à des nouveaux produits pour cette année dont des UC dans le private equity et les infrastructures. Ayant déjà travaillé avec Ardian, Axa pourrait poursuivre l’expérience. L’assureur a aussi créé le premier UC en private equity avec NextStage lorsque la loi Macron l’a rendu possible en 2016.
La loi Pacte de 2019 qui introduit des UC responsables et simplifie l’euro-croissance devrait donner un nouveau souffle à la collecte. Axa profite aussi de la dynamique sur le PER (produit épargne retraite). Il estime faire la course en tête avec plus de 30.000 contrats vendus depuis leur lancement en octobre. « Les PER seront une source importante de diversification vers les UC », ajoute Jacques de Peretti.
Dans cet univers en transition pour l’assurance-vie, l’assureur joue la mesure sur les fonds euros. « Nos maîtrisons la baisse du rendement des fonds euros avec une dilution programmée du rendement de l’actif. Nous n’avons jamais fait la course aux taux (1,6 à 2% distribué aujourd’hui, NDLR) et nous n’appliquons pas de mesures restrictives brutales sur les fonds euros », explique le patron d’Axa France. Cela dit, des réflexions sont en cours sur l’évolution de la garantie des fonds euros. Elle pourrait par exemple être disponible seulement à certains moments ou à la fin du contrat.
Plus d'articles du même thème
-
M&G Life diversifie ses 159 milliards de livres loin des schémas traditionnels
M&G Life, le pôle assurance-vie et épargne du britannique M&G, gère 134 milliards de livres sterling via son fonds With-Profits. Ciaran Mulligan, directeur des investissements, défend une allocation délibérément éloignée des indices pondérés par la capitalisation boursière, avec une surpondération marquée sur les économies émergentes. -
Fundscreener veut devenir l'outil indispensable des CGP pour la construction d'allocations d'actifs
Développée par trois anciens de La Financière de l'Arc, la plateforme qui s'adresse aux conseillers en gestion de patrimoine permet notamment une meilleure transparisation des fonds. -
Le contrat d’assurance vie Sérénipierre change de nom et s’enrichit
Sous cette nouvelle identité, l'enveloppe propose désormais une gamme élargie de supports axés notamment sur le non-coté.
ETF à la Une
Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
Contenu de nos partenaires
-
Sébastien Lecornu tire un premier bilan de la canicule historique
Le premier ministre a dressé lundi un premier bilan contrasté de la canicule historique, saluant la résilience des services publics mais pointant la fragilité des plus isolés et des hôpitaux face à un risque climatique désormais permanent -
Mirage
Présidentielle : des Français sans illusions
Près de deux Français sur trois ne croient pas que les scrutins présidentiels, puis législatifs permettront au pays de retrouver des repères politiques stables. Selon eux, le travail et l'entreprise ont un rôle à jouer pour « faire société » -
Sondage exclusifValeurs, repères républicains, principes... : « Le sentiment d’une fuite en avant traverse la société française »
A l'occasion des Rencontres économiques d'Aix, les 2, 3 et 4 juillet, dont le thème général est « naviguer dans un monde sans repères », un sondage Odoxa pour Comfluence sur les repères dans la société française révèle que 62 % des Français ne croient pas que 2027 permettra de rétablir des repères politiques stables