Axa fait un bond en avant dans l’assurance dommages en Chine
Axa confirme son intérêt pour l’Asie. Il a annoncé l’acquisition de 50% du Chinois Tian Ping Auto Insurance Company, pour un montant de 485 millions d’euros (3,9 milliards de yuans). La transaction se déroulera en deux phases, sous réserve des autorisations d’usage: conseillé par Goldman Sachs et Sullivan & Cromwell, le français acquiert 33% de la cible pour 237 millions d’euros – les actionnaires sont des sociétés à capitaux privés. Axa souscrira aussi à une augmentation de capital réservée de 248 millions. Enfin, sa filiale Axa General Insurance China (héritée de Winterthur) devrait intégrer Tian Ping.
Avec cette opération, le groupe d’Henri de Castries changera de dimension dans le pays. Présent dans l’assurance vie à travers une participation de 27,5% dans une joint-venture créée en 2010 avec ICBC et Minmetals, il était lilliputien dans l’IARD: en 2012, sa filiale Axa General Insurance a généré 42 millions d’euros de primes, pour un ratio combiné de 88%. Tian Ping a lui réalisé 447 millions d’euros de primes en 2011 – presque intégralement dans l’automobile – pour 28 millions de bénéfices et un ratio combiné de 93%. Cela dit, sa part de marché en dommages se limite à 0,83%, dont 1,1% dans l’automobile (à fin septembre 2012). Et pour cause, trois assureurs chinois occupent 67% du marché : PICC, Ping An et China Pacific.
Mais l’initiative dépasse la question de la taille. Axa a été séduit par le modèle de Tian Ping: 20% de ses primes proviennent du canal direct (internet et téléphonique), pour lequel il jouit d’une licence nationale. Engendrant peu de frais, c’est aussi le mode de distribution qui croît le plus rapidement dans un pays de plus de 500 millions d’internautes. Pour la distribution traditionnelle, il dispose de licences dans 18 provinces – un facteur crucial compte tenu de la difficulté à obtenir ces précieux sésames.
«La question de la valorisation de Tian Ping, même si celle-ci est élevée (2,2x les primes), est sans objet. Une présence en Chine est une nécessité dans les dix ans à venir: le marché progresse de 20% par an, 19 millions de véhicules ont été vendus en 2012, pour un taux d’équipement en assurance de 1%», souligne Fabrizio Croce, analyste chez Kepler.
Tian Ping fera l’objet d’un contrôle conjoint total, même si l’essentiel de la direction devrait rester en poste. Mais «aucune prise de décision ne sera possible sans l’accord des deux parties», précise Axa à L’Agefi.
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