Arkéa donne la priorité à la baisse de son coefficient d’exploitation

Le ratio a crû de près de 6 points en 2012. Deux filiales du groupe, Financo et ProCapital Securities Services, ont connu des déboires l’an dernier
Alexandre Garabedian

Arkéa a invoqué début mars une charge fiscale en hausse et une base 2011 élevée pour justifier le recul de 42% de son résultat net en 2012, à 168 millions d’euros. La réalité est un peu plus complexe. Si le groupe, qui fédère les Crédit Mutuel de Bretagne, du Massif Central et du Sud-Ouest, n’a pas à rougir de ses performances comparé à ses concurrents, deux de ses filiales ont connu des difficultés l’an dernier : Financo, son pôle de crédit à la consommation, et ProCapital Securities Servicies, l’un des fers de lance de sa diversification dans les services aux investisseurs.

Avec ses commissaires aux comptes, la banque s’est aperçue l’an dernier que la méthode de provisionnement appliquée chez Financo était erronée. «Cela a conduit à une sous-estimation, au cours des exercices antérieurs, du montant des provisions pour risque crédit, d’un montant de 54 millions d’euros», révèle Arkéa dans son rapport annuel 2012, publié le 10 avril. La correction l’a amené à retraiter ses comptes 2011, pour l’essentiel au travers des capitaux propres et non pas en résultat net.

ProCapital Securities Services, la filiale de services titres, est quant à elle en perte. Sa maison mère a dû lui apporter l’été dernier une subvention de 18 millions d’euros «afin de lui permettre de poursuivre son activité dans le cadre d’un équilibre financier et bilanciel restauré», selon le document de référence. La structure a perdu un contrat de sous-traitance signé avec ING, selon plusieurs sources. Elle s’est consolée en devenant le fournisseur de la Banque Postale, cette dernière ayant racheté à Arkéa la Banque privée européenne (BPE).

A l’échelle du groupe, la priorité de 2013 est de faire baisser le coefficient d’exploitation. Celui-ci a bondi de 69,8% à 75,6% en un an. Arkéa a engagé un programme de baisse des frais généraux, mais sans plan social, afin de réduire d’entre 3% et 6% sa base de coûts. Des sources évoquent un objectif de 70 millions d’euros d’économies que le groupe ne commente pas.

En revanche, la banque est en bonne voie sur deux autres ratios: la vente nette de 467 millions d’euros de parts sociales lui a permis de porter à 13,5% son core tier one (+2,2 points), tandis que la collecte d’épargne a fait baisser de 17 points, à 134%, les prêts sur dépôts. Ce rapport devrait encore diminuer de 4 à 5 points en 2013 grâce à la vente de la BPE.

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