Arkéa abat la carte politique dans sa lutte pour l’indépendance
Arkéa voulait afficher sa détermination à prendre son indépendance de la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM) et du reste du groupe Crédit Mutuel. Un mois après le vote des caisses locales des fédérations de Bretagne et du Sud-Ouest entérinant le projet de scission, le collectif «Indépendance pour Arkéa» a réuni hier à Paris plusieurs milliers de personnes avant qu’une délégation de représentants et d’élus soit reçue au ministère des Finances pour plaider sa cause. Alors que l’Elysée a réitéré mardi que «le gouvernement n’a pas vocation à porter un projet de scission bancaire», l’objectif du collectif était d’interpeller les pouvoirs publics pour que «la CNCM reconnaisse le vote et change d’attitude».
D’un point de vue réglementaire, Arkéa assure depuis plusieurs mois que la piste de la constitution d’un groupe bancaire mutualiste sans organe central permettrait de ne pas remettre en cause la notion de banque coopérative, sans passer par la loi. Une désaffiliation unilatérale des caisses locales d’Arkéa au reste du groupe ne serait cependant pas conforme au cadre réglementaire, souligne une source proche de Bercy, qui ajoute qu’une évolution législative serait nécessaire.
«Il faut que les responsables de la CNCM viennent autour de la table pour reconnaître qu’Arkéa est indépendant et travailler au processus de sortie», a indiqué Anne-Katell Quentric, porte-parole du collectif Indépendance pour Arkéa et responsable de la RSE chez Arkéa. Le schéma technique est bouclé et il y a des discussions avec l’ACPR (le régulateur bancaire, ndlr) mais il faut vouloir le mettre en œuvre, or ils ne veulent pas qu’on sorte. (…) La centralisation est de plus en plus forte depuis six mois. (….) Nous sommes une pépite, nous sommes innovants et c’est une façon de prendre le pouvoir sans que cela coûte un euro.»
Lors d’un point presse, le groupe breton a notamment mis en avant des retombées économiques néfastes en cas d’échec de la prise d’indépendance : 4.500 emplois directs et indirects sont en risque dans l’informatique et les filiales concurrentes (assurance, paiements…) de celles de Crédit Mutuel CM11, le groupe strasbourgeois qui domine au sein du groupe. Du côté de la CNCM, on pointe une opération de communication, en soulignant «un essoufflement certain par rapport à la manifestation de Brest en 2016» et en contestant l’adhésion d’une majorité de salariés. Les organisations syndicales représentatives du personnel s’opposent, elles, au projet.
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