Devenu l'égal des banques traditionnelles pour financer les grandes entreprises, le fonds américain est l’un des grands vainqueurs de l’arbitrage réglementaire qui favorise le «shadow banking». L'éditorial d’Alexandre Garabedian.
Alexandre Garabedian, directeur de la rédaction de L'Agefi
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La réglementation bancaire a créé un monstre. Le fonds américain Apollo, spécialisé à ses débuts dans la prise de contrôle de sociétés en difficulté, se mue désormais en partenaire financier des plus grandes entreprises, au nez et à la barbe des banques traditionnelles. Pas une semaine ne se passe sans que le groupe ne fasse les gros titres de la presse. Un jour, il se pose en sauveur d’Intel, à qui il a déjà prêté 11 milliards de dollars pour achever une usine de puces en Irlande. Un autre, il s’associe au brasseur AB InBev dans une fabrique d’emballages en aluminium. Boeing, en mal de liquidités, a longtemps hésité à faire appel à ses services avant de renoncer. Air France KLM n’a pas eu ces pudeurs après la pandémie de Covid, et a déjà eu recours par trois fois à des apports en quasi-fonds propres du géant américain.
Sur les douze derniers mois à fin juin, Apollo a débloqué 164 milliards de dollars de prêts. Il compte porter ce montant à 275 milliards en rythme annuel d’ici à 2029, ce qui le ferait boxer dans la même catégorie que JPMorgan. Cette «machine à origination», comme la désigne le groupe, fonctionne selon un mécanisme bien huilé. Le fonds finance des actifs qui produisent des flux de trésorerie, et transforme ces cash-flows en obligations ou en prêts. Les titres sont alors vendus à des tierces parties en quête de rendement. Et la première d’entre elles n’est autre… qu’Apollo, ou plutôt sa filiale Athene, un assureur-vie racheté il y a trois ans et dont le bilan offre à sa maison mère une force de frappe incomparable.
Le fonds touche des commissions à chaque étape de la chaîne, avec un coût en capital minime. Il se pose autant en partenaire qu’en concurrent des banques, en témoigne l’accord tout juste signé avec Citigroup, dont il va financer les clients à hauteur de 25 milliards. Une annonce emblématique des nouveaux rapports de force au sein du secteur. En sortie de crise financière, les autorités ont choisi de corseter le bilan des banques, laissant le champ libre aux acteurs alternatifs du shadow banking. Apollo, dont le cours de Bourse a sextuplé en dix ans, est le grand gagnant de cet arbitrage. Avec, pour le moment, la complicité des régulateurs.
La Banque centrale européenne (BCE) pourrait, sans doute vers la fin 2026, augmenter de 1% à 2% le ratio des réserves obligatoires (MRR) et relever également les décotes sur les obligations sécurisées conservées pour les banques («retained covered bonds») pour être apportées en garantie. Ces deux mesures réduiraient l’excès de liquidité et, dans le même temps, la capacité des banques à obtenir des financements de la BCE. Avec des répercussions sur leurs futurs besoins.
Le leader des terminaux de paiement a obtenu un investissement de 150 millions d'euros d'un groupe d'investisseurs mondiaux dirigé par Pimco, annonce-t-il dans un communiqué lundi. L'opération, réalisée sous l'égide de ses créanciers, s'accompagne de la sortie sans gloire d'Apollo. Ingenico va ouvrir de nouveaux sites à Londres, San Francisco et Istanbul.
Porté par des ventes meilleures que prévu, l’aciériste profite surtout d'un accord imminent avec Bruxelles pour garantir une aide à son site sidérurgique vert de 3 milliards d'euros.
Le compte à rebours est peut-être lancé pour les ETF World, S&P 500 et Nasdaq logés dans le PEA. Une note interprofessionnelle du 24 juillet 2026 laisse entrevoir la fin de l'éligibilité des ETF synthétiques exposés hors Europe, au PEA.
Le leader de Place publique a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle, ce dimanche soir au 20 heures de TF1. Avant de partir à la conquête de l’Elysée, il devra déjouer les manœuvres de ses faux amis socialistes.
Invité à l'université d'été de La France insoumise, le banquier d'affaires s'est affiché comme la caution du programme économique de Jean-Luc Mélenchon, sur la dette notamment
Leaders patronaux et syndicaux se sont donnés rendez-vous lundi pour relancer l'agenda social autonome, avant le grand coup d'envoi de la campagne présidentielle dans laquelle ils comptent bien peser