Allianz France diversifie avec prudence ses placements
Avec des taux longs au plus bas et qui le resteront, les assureurs doivent chercher du rendement hors des emprunts d’Etat. Chez Allianz, la diversification passe par le financement direct, une catégorie qui recouvre l’immobilier, les infrastructures (dette et fonds propres), les placements privés, le private equity et l’énergie renouvelable. A fin 2013, ce portefeuille atteignait 65,9 milliards d’euros à l’échelle du groupe, sur des actifs totaux de 537 milliards, et l’objectif à moyen terme est de le porter à 80 milliards.
Allianz France, qui gère 80 milliards d’euros d’actifs, suit la même logique, mais sans chiffrer ses ambitions. «Nous visons une croissance significative de nos investissements dans chacune de ces catégories, mais nous n’annonçons pas d’objectifs en milliards d’euros, car chaque actif doit répondre à nos exigences de rendement et de qualité», précise Matthias Seewald, directeur des investissements d’Allianz France. Depuis fin 2013, la filiale de l’assureur allemand a par exemple porté de 424 à 650 millions d’euros ses encours de prêts à l’immobilier commercial, et de 241 à 500 millions ses investissements en dette d’infrastructure, engagements futurs inclus. Il a investi l’an dernier 40 millions dans le fonds de prêts Novo et souscrit 57 millions de placements privés en 2014.
La rareté des bonnes affaires explique la relative prudence d’Allianz. «Le marché est difficile et nous ne sommes pas seuls. La concurrence ne vient pas tant des autres assureurs que des fonds mutuels, qui investissent l’argent de tiers et non pas le leur», souligne Andreas Gruber, directeur des investissements du groupe Allianz. Dans les infrastructures, les fonds souverains se montrent agressifs. Dans l’immobilier commercial, les banques spécialisées allemandes, qui se refinancent à bas prix grâce aux Pfandbriefe, tirent les rendements vers le bas. «Nous devons faire très attention à ce que nous faisons, poursuit Andreas Gruber. Tous les investisseurs vont dans la même direction, et à un moment donné, la volatilité augmentera».
La poche alternative représente 3% du portefeuille d’Allianz France, derrière l’immobilier (5,9%), les actions cotées (6,2%) et les taux (84,9%). Dans cette palette, seuls les hedge funds manquent à l’appel. «Ils s’intègrent mal dans nos systèmes d’évaluation des risques. Avec un hedge fund, vous ne savez pas vraiment ce que vous achetez», estime Andreas Gruber.
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