ABN Amro taille aussi dans ses effectifs
Malgré un retour dans le vert de ses résultats semestriels, la banque publique néerlandaise ABN Amro a annoncé à son tour la suppression de milliers de postes. La banque, que l’Etat néerlandais entend privatiser après 2013, va supprimer dans les trois ou quatre ans à venir 2.350 emplois sur les 26.500 qu’elle comptait à fin juin, soit près de 9% de ses effectifs. Ces coupes comprendront 1.500 licenciements et 850 départs naturels qui seront partiellement compensés par la création de 450 nouveaux emplois.
Le groupe, créé en 2010 après le regroupement des activités bancaires aux Pays-Bas d’ABN Amro Bank et de Fortis Bank sauvées par l’Etat, justifie cette décision par le relèvement des objectifs, à mi-chemin de son programme d’intégration courant jusqu’à fin 2012. «Cela a pour conséquence des initiatives supplémentaires et des objectifs plus ambitieux à moyen et long termes», indique la banque, précisant qu’elle se concentrera sur une meilleure prise en charge de la clientèle et l’amélioration de l’efficacité opérationnelle. «Malheureusement, ces initiatives auront un impact sur nos employés». ABN Amro a provisionné 200 millions d’euros au premier semestre pour cette restructuration. Les activités de back-office, notamment les systèmes d’information, seront les plus touchées, ainsi que des postes dans le détail et la banque privée.
Ces suppressions de postes viennent donc s’ajouter à la liste déjà longue d’annonces similaires, les dernières en date étant le fait d’UBS et de Bank of America portant sur 3.500 emplois chacune. Selon les données compilées par Bloomberg, 80.597 suppressions avaient déjà été comptabilisées depuis le début de l’année dans le secteur bancaire, dont près de 69.000 en Europe, principalement en raison de mauvaises performances dans le trading au deuxième trimestre, d’incertitudes macroéconomiques et de la perspective de Bâle 3.
ABN Amro a fait état d’un bénéfice net de 864 millions d’euros au 30 juin, contre une perte de 968 millions un an plus tôt. Le bénéfice net sous-jacent, qui exclut les coûts de séparation et d’intégration liés au démantèlement, est ressorti à 974 millions, soit le triple du bénéfice au 30 juin 2010. Le président de la banque, Gerrit Zalm, a toutefois prévenu que ces résultats semestriels ne doivent pas servir de base de calcul pour le reste de l’année du fait de l’anticipation de dépréciations supérieures et d’une pression accrue sur les marges d’intérêt.
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