ABN Amro poursuit sur la bonne voie sa douloureuse convalescence
ABN Amro semble suivre le bon chemin dans le cadre d’une restructuration qui aura vu l’Etat néerlandais consacrer quelque 24 milliards d’euros à son sauvetage dans le sillage de l’échec de son rachat à l’aube de la crise financière en 2007. ABN Amro, dont l’activité repose désormais sur la banque de détail et commerciale aux Pays-Bas et la banque privée en Europe et en Asie, a en effet publié un résultat courant plus que triplé au titre des neuf premiers mois de 2010 (de 202 à 768 millions d’euros).
Cela sur fond de revenus d’intérêts en hausse de 17% à 3,7 milliards, d’un gain de 130 millions sur le rachat de sa propre dette ou d’une décrue de 47% des dépréciations pour créances douteuses (à 580 millions d’euros) grâce au retour à meilleure fortune de l’économie nationale. Le taux de dépréciation devrait pourtant être supérieur au quatrième trimestre, en ligne avec les tendances historiques selon la banque. Le coefficient d’exploitation affiche une amélioration de 4 points (à 70%) face aux neuf premiers mois de 2009.
Le résultat net se solde néanmoins par une lourde perte de 627 millions d’euros (contre un bénéfice de 352 millions l’an passé), sous le coup de charges de restructuration de 1,4 milliard notamment liées à la cession imposée par la Commission européenne d’une partie de l’activité de banque commerciale aux Pays-Bas. Dans ce cadre, le président Gerrit Zalm s’est félicité des «réactions encourageantes» de la part, tant des clients que du personnel, suite à la fusion au 1er juillet d’ABN Amro Bank et de Fortis Bank Nederland. Il a tenu à avancer qu’«ABN Amro est bien avancée pour améliorer sa rentabilité courante et nette grâce aux synergies qui vont commencer à se concrétiser dès à présent et à la baisse des coûts d’intégration». Gerrit Zalm s’est voulu rassurant en précisant que «même si le processus d’intégration ne sera pas achevé avant 2012, les étapes franchies jusqu’ici ont été couronnées de succès».
La banque amstellodamoise a confirmé que sa privatisation est envisagée entre 2013 et 2015. Avec un ratio tier one de 12,6% au 30 septembre (pour des actifs pondérés du risque de 118,8 milliards d’euros), ABNAmro estime disposer d’ores et déjà des «capitaux adéquats», bien au-delà des seuils réglementaires. Elle se dit «relativement bien positionnée» sur la base des «indications préliminaires» de Bâle III.
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